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Tome I.
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DISCOURS

pacte social est la propriétéj et sa première condi-tion, que chacun soit maintenu dans la paisiblejouissance de ce qui lui appartient. Il est vrai que,par le même traité, chacun s’oblige, au moins ta-citement, à se cotiser dans les besoins publics : maiscet engagement ne pouvant nuire à la loi fondamen-tale , et supposant l'évidence du besoin reconnuepar les contribuables , on voit que , pour être légi-time , celte cotisation doit être volontaire, non d'unevolonté particulière, comme s'il étoit nécessaire d’a-voir le consentement de chaque citoyen, et qu'ilne dut fournir que ce qu'il lui plaît, ce qui seroitdirectement contre l'esprit de la confédération, maisd'une volonté générale, à la pluralité des voix., etsur un tarif proportionnel qui ne laisse rien d'arbi-traire à l’imposition.

Cette vérité, que les impôts ne peuvent être éta-blis légitimement que du consentement du peupleou de ses représentants, a été reconnue générale-ment de tous les philosophes et jurisconsultes quise sont acquis quelque réputation dans les matièresde droit politique, sans excepter Bodin même. Siquelques-uns ont établi des maximes contraires enapparence, outre qu'il est aisé de voir les motifsparticuliers qui les y ont portés, ils y mettent tantde conditions et de restrictions, qu'au fond la choserevient exactement au même : car que le peuplepuisse refuser, ou que le souverain ne doive pasexiger, cela est indifférent quant au droit \ et s’iln'est question que de la force, c'est la chose la plusinutile que d'examiner ce qui est légitime ou non-