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DISCOURS
qui a dix fois plus de bien qu’un autre doit payerdix fois plus que lui : secondement, le rapport desusages, c’est-à-dire la distinction du nécessaire et dusuperflu. Celui qui n’a que le simple nécessaire nedoit rien payer du tout ; la taxe de celui qui a dusuperflu peut aller au besoin jusqu'à la concurrencede tout ce qui excède son nécessaire. A cela il diraqu’eu égard à son rang ce qui seroit superflu pourun homme inférieur est nécessaire pour lui ; maisc’est un mensonge : car un grand a deux jambesainsi qu'un bouvier, et n’a qu’un ventre non plusque lui. De plus, ce prétendu nécessaire est si peunécessaire à son rang, que, s’il savoit y renoncerpour un sujet louable, il n’en seroit que plus res-pecté. Le peuple se prosterneroit devant un ministrequi iroit au conseil à pied, pour avoir vendu sescarrosses dans un pressant besoin de l’état. Enfin laloi ne prescrit la magnificence à personne, et labienséance n’est jamais une raison contre le droitUn troisième rapport qu’on ne compte jamais,et qu’on devroit toujours compter le premier, estcelui des utilités que chacun retire de la confédé-ration sociale, qui protège fortement les immensespossessions du riche , et laisse à peine un misérablejouir de la chaumière qu’il a construite de ses mains.Tous les avantages de la société ne sont-ils pas pourles puissants et les riches? tous les emplois lucratifsne sont-ils pas remplis par eux seuls ? toutes lesgrâces , toutes les exemptions, ne leur sont-elles pasréservées ? et l’autorité publique n’est elle pas touteon leur faveur? Qu’un homme de considération vole