LIVRE IL
103
Cette erreur vient de ne s’être pas fait des notionsexactes de l'autorité souveraine, et d’avoir pris pourdes parties de cette autorité ce qui n’en étoit (piedes émanations. Ainsi, par exemple, on a regardél’acte de déclarer la guerre et celui de faire la paixcomme des actes de souveraineté ; ce qui n’est pas ,puisque chacun de ces actes n’est point une loi, maisseulement une application de la loi, un acte par-ticulier qui détermine le cas de la loi, comme on leverra clairement quand l'idée attachée au mot loisera fixée.
En suivant de même les autres divisions , ontrouveroit que , toutes les fois qu’on croit voir lasouveraineté partagée, on se trompe; que les droitsqu’on prend pour des parties de cette souverainetélui sont tous subordonnés , et supposent toujoursdes volontés suprêmes dont ces droits ne donnentque l'exécution.
On ne sauroit dire combien ce défaut d’exactitudea jeté d’obscurité sur les décisions des auteurs enmatière de droit politique, quand ils ont voulu jugerdes droits respectifs des rois et des peuples sur lesprincipes qu’ils avoient établis. Chacun peut voir,dans les chapitres m et iy du premier livre de Gro-tius , comment ce savant homme et son traducteurbarbeyrac s’enchevêtrent, s’embarrassent dans leurssophismes, crainte d’en dire trop ou de n’en pasdire assez scion leurs vues , et de choquer les inté-rêts qu’ils avoient à concilier. Grotius , réfugié enFrance , méconteiit de sa patrie, et voulant faire sacour a Louis XIII à qui son livre est dédié , n’épar-