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Tome I.
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LIVRE II.

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l'intérêt privé, et n’est qu’une somme de volontésparticulières : mais ôtez de ces mêmes volontés lesplus et les moins qui s’entre-détruisent (a), restepour somme des différence la volonté générale.

Si, quand le peuple suffisamment informé déli-bère , les citoyens n’avoient aucune communicationentre eux, du grand nombre de petites différencesrésulterait toujours la volonté générale, et la déli-bération serait toujours bonne. Mais quand il se faitdes brigues, des associations partielles, aux dépensde la grande, la volonté de chacune de ces associa-tions devient générale par rapport h ses membres,et particulière par rapport a l'état : on peut dire alorsqu'il n'y a plus autant de votants que d’hommes,mais seulement autant que d’associations. Les diffé-rences deviennent moius nombreuses et donnentun résultat moins général. Enfin, quand une de cesassociations est si grande qu’elle l’emporte sur tou-tes les autres, vous n’avez plus pour résultat unesomme de petites différences, mais une différence

(a) a Chaque intérêt , (lit le marquis d’Argcnson , a des» principes différents. Raccord de deux interets particuliers» se forme par opposition à celui <1 un tiers *» Il eût puajouter que l’accord de tous les intérêts se lorme par opposi-tion 4 celui de chacun. S’il n’y avoit point d’intérêts différents,a peine sentiroit-on l’intérêt commun, qui ne trouveroit ja-mais d’obstacle ; tout iroit de lui-même, et la politique ces-seroit d’être un'art.

* Voyei les Considérations sur le Gouvernement de la France ,chapv 2 ,