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Tome I.
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119
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LIVRE II.

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CHAPITRE VII.

Du Législateur.

Pour découvrir les meilleures régies de sociétéqui conviennent aux nations, ilfaudroit une intelli-gence supérieure qui vit toutes les passions des hom-mes , et qui n'en éprouvât aucune ; qui n'eût aucunrapport avec notre nature, et qui la connût à fond;dont le bonheur fut indépendant de nous, et quipourtant voulût bien s’occuper du nôtre; enfin qui,dans le progrès des temps se ménageant une gloireéloignée, pût travailler dans un siècle et jouir dansun autre (a). Il faudroitdes dieux pour donner deslois aux hommes.

Le mémo raisonnement que faisoit Caligula quantau fait, Platon le faisoit quant au droit pour définirl'homme civil ou royal qu'il cherche dans son livredu Règne (* *). Mais s’il est vrai qu'un grand princeest un homme rare, que sera-ce d'un grand législa -teur? Le premier n'a qu’à suivre le modèle qucl’a u-

(a) Un peuple* ne devient célèbre <pie quand sa législationcomnicnçe à décliner. On ignore durant combien de sièclesl’institution de Lycurgue fit le bonheur des Spartiates avantqu’il fut question d’eux dans le reste de la Grèce .

(*) Voyei le dialogue de Platon qui, dans les traductionslatines , a pour titre : Polilicus ou Vircivtlis. Quelques-uns l’ontintitulé de Régna. Ce que Rousseau dit ici se rapporte à l’idéegénérale de ce dialogue plutôt qu’à un passage particulier qn’onen pourroit citer.