Band 
Tome I.
Seite
139
JPEG-Download
 

LIVRE II.

139

les autres, et dans une excessive dépendance de lacité : ce qui se fait toujours par les memes moyens ;car il n’y a que la force de l’état qui fasse la libertéde ses membres. C’est de ce deuxième rapport quenaissent les lois civiles;

On peut considérer une troisième sorte de relationentre l'homme et la loi, savoir, celle de la désobéis-sance a la peine ; et celle-ci donne lieu à rétablisse-ment des lois criminelles, qui, dans le fond , sontmoins une espèce particulière de lois que la sanc-tion de toutes les autres.

A ces trois sortes de lois il s’en joint une qua-trième , la plus importante de toutes , qui ne scgrave ni sur le marbre, ni sur l’airain, mais dansles cœurs des citoyens ; qui fait la véritable consti-tution de l’état; qui prend tous les jours de nouvel-les forces ; qui, lorsque les autres lois vieillissent ous’éteignent, les ranime ou les supplée, conserve unpeuple dans l’esprit de son institution, et substitueinsensiblement la force de l'habitude à celle de l’au-torité. Je parle des mœurs, des coutumes, et sur-tout de l’opinion; partie inconnue à nos politiques,mais de laquelle dépend le succès de toutes les au-tres; partie dont le grand législateur s’occupe ensecret, tandis qu’il paroît se borner à des régle-ments particuliers, qui ne sont que le cintre de lavoûte , dont les mœurs , plus lentes à naître , for-ment enfin l’inébranlable clef.

Entre ces diverses classes, les lois politiques , quiconstituent la forme du gouvernement, sont la seulerelative à mon sujet.