LIVRE IV.
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fois. Il étoit aisé de voir que leur crainte ctoit malfondée ; que la foiblcssc de la capitale faisoit alorssa sûreté contre les magistrats qu’elle avoit dans sonsein y qu’un dictateur pouvoit, en certain cas, dé-fendre la liberté publique sans jamais y pouvoir at-tenter j et que les fers de Rome ne scroicnt pointforgés dans Rome même, mais dans ses armées.Le peu de résistance que firent Marius à Sylla, etPompée a César, montra bien ce qu’on pouvoitattendre de V autorité du dedans contre la force dudehors.
Cette erreur leur fit faire de grandes fautes : telle,par exemple, fut celle de n’avoir pas nommé undictateur dans l’affaire de Catilina : car, comme iln’étoit question que du dedans de la ville, et, toutau plus, de quelque province d’Italie , avec l’autoritésans bornes que les lois donnoient au dictateur, ileût facilement dissipé la conjuration, qui ne futétouffée que par un concours dheureux hasards quejamais la prudence humaine ne devoit attendre.
Au lieu de cela, le sénat se contenta de remettretout son pouvoir auct consuls, d’où il arriva queCicéron , pour agir efficacement , fut contraint depasser ce pouvoir dans un point capital, et que , siles premiers transports de joie firent approuver saconduite, ce fut avec justice que, dans la suite, onlui demanda compte du sang des citoyens versécontre les lois, reproche qu’on n'eût pu faire h undictateur. Mais l'éloquence du consul entraîna tout jet lui-même, quoique Romain, aimant mieux sagloire que sa patrie, ne cherchoit pas tant le moyen
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