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Tome II.
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DE POLOGNE .

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de sa dignité le suivissent partout, afin que le peu-ple le respectât toujours , et qu'il se respectât tou-jours lui-même ; qu’il pût ainsi toujours dominerl'opulence j qu’un riche qui n’est que riche, sanscesse offusqué par des citoyens titrés et pauvres, netrouvât ni considération ni agrément dans sa patrie ;qu’il fût forcé de la servir pour y briller, d’être in-tègre par ambition, et d’aspirer malgré sa richesseà des rangs où la seule approbation publique mène,et d’où le blâme peut toujours faire déchoir. Voilacomment on énerve la force des richesses , et com-ment on fait des hommes qui ne sont point a vendre.J’insiste beaucoup sur ce point ,bien persuadé quevos voisins, et surtout les Russes , n’épargnerontrien pour corrompre vos gens en place, et que lagrande'affaire de votre gouvernement est de travail-ler à les rendre incorruptibles.

Si l’on me dit que je veux faire de la Pologne unpeuple de capucins, je réponds d’abord que ce n’estlà qu’un argument à la françoise , et que plaisantern’estpas raisonner. Je réponds encore qu’il ne fautpas outrer mes maximes au-delà de mes intentionset de la raison; que mon dessein n’est pas de sup-primer la circulation des espèces, mais sculementdela ralentir , et de prouver surtout combien il im-porte qu’un bon système économique ne soit pas unsystème de finance et d’argent. Lycurgue , pour dé-raciner la cupidité dans Sparte , n’anéantit pas lamonnoie , mais il en fit une de fer. Pour moi, jen’entends proscrire ni l’argent ni l’or, mais les ren-dre moins nécessaires , et faire que celui qui n’en a