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Tome II.
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DE POLOGNE .

au reste de l’Europe , vous apportera nécessaire-ment plus d’argent que vous n’en aurez besoin. Au-delà de ce produit nécessaire et sûr, vous serezpauvres tant que vous voudrez en avoir; sitôt quevous saurez vous en passer, vous serez riches. Voilàl’esprit que je voudrois faire régner dans votre sys-tème économique : peu songer à l’étranger, peuvous soucier du commerce , mais multiplier chezvous autant qu’il est possible et la denrée et lesconsommateurs. L’effet infaillible et naturel d’ungouvernement libre et juste est la population. Plusdonc vous perfectionnerez votre gouvernement ,plus vous multiplierez votre peuple sans meme ysonger. Vous n’aurez ainsi ni mendiants ni million-naires. Le luxe et l’indigence disparoitront ensem-ble insensiblement ; et les citoyens, guéris des goûtsfrivoles que donne l’opulence , et des vices attachésà la misère, mettront leurs soins et leur gloire àbien servir la patrie, et trouveront leur bonheurdans leurs devoirs.

Je voudrois qu’on imposât toujours les bras deshommes plus que leurs bourses; que les chemins,les ponts , les édifices publics , le service du princeet de l’état, se fissent par des corvées et non pointà prix d’argent. Cette sorte d’impôt est au fond lamoins onéreuse, et surtout celle dont on peut lemoins abuser; car l’argent disparoît en sortant desmains qui le paient; mais chacun voit à quoi leshommes sont employés, et l’on ne peut les sur-charger à pure perte. Je sais que cette méthode estimpraticable où régnent le luxe, le commerce et