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Tome II.
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GOUVERNEMENT

Que si, au contraire, il étoit trouvé capable d’in-justice , de violence, de malversation, et surtoutd’avoir attenté à la liberté publique , sa mémoireseroit condamnée et-flétrie ; son corps privé de lasépulture royale seroit enterré sans honneur commecelui d’un particulier, son nom effacé du registrepublic des rois ) et ses enfants, privés du titre deprinces royaux et des prérogatives qui y sont at-tachées , rentreroient dans la classe des simplescitoyens, sans aucune distinction honorable ni flé-trissante.

Je voudrois que ce jugement se fit avec le plusgrand appareil, mais qu'il précédât, s’il étoit pos-sible , l’élection de son successeur. afin que le cré-dit de celui-ci ne put influer sur la sentence dont ilauroit pour lui-même intérêt d’adoucir la sévérité.Je sais qu'il seroit à désirer qu’on eût plus de tempspour dévoiler bien des vérités cachées , et mieuxinstruire le procès. Mais si l’on tardoit après l’élec-tion , j’aurois peur que cet acte important ne devîntbientôt qu'une vaine cérémonie , et, comme il arri-veroit infailliblement dans un royaume héréditaire,plutôt une oraison funèbre du roi défunt qu’unjugement juste et sévère sur sa conduite. Il vautmieux, en cette occasion, donner davantage â lavoix publique, et perdre quelques lumières de dé-tail, pour conserver rintégrité et l’austérité d unjugement qui sans cela deviendroit inutile.

À l’égard du tribunal qui prononceroit cette sen-tence, je voudrois que ce ne fût ni le sénat, ni ^diète, ni aucun corps revêtu de quelque autorité