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Tome II.
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GOUVERNEMENT

convient de faire pourront faire prévoir ce qu’ellesferont. Mais ce n’est presque jamais la raison d’étatqui les guide , c’est l’intérêt momentané d’un minis-tre, d’une fille, d’un favori ; c’est le motif qu’aucunesagesse humaine n’a pu prévoir, qui les déterminetantôt pour, tantôt contre leurs vrais intérêts. Dequoi peut-on s’assurer avec des gens qui n’ont aucunsystème fixe, et qui ne se conduisent que par desimpulsions fortuites ? Rien n’est plus frivole que lascience politique des cours : comme elle n’a nulprincipe assuré, l’on n’en peut tirer aucune consé-quence certaine ; et toute cette belle doctrine desintérêts des princes est un jeu d’enfant qui fait rireles hommes sensés.

Ne vous appuyez donc avec confiance ni sur vosalliés ni sur vos voisins. Vous n’en avez qu’un surlequel vous puissiez un peu compter, c’est le grand-seigneur , et vous ne devez rien épargner pour vousen faire un appui : non que ses maximes d’état soientbeaucoup plus certaines que celles des autres puis-sances ; tout y dépend également d’un visir, d’uneintrigue de sérail : mais l’intérêt de la Porte estclair, simple ; il s’agit de tout pour elle; et géné-ralement il y règne, avec bien mcins de lumièreset de finesse, plus de droiture et de bon sens. On adu moins avec elle cet avantage de plus qu’avec lespuissances chrétiennes, qu’elle aime à remplir sesengagements et respecte ordinairement les traites.Il faut tâcher d’en faire avec elle un pour vingt ans,aussi fort, aussi clair qu’il sera possible. Ce traite,tant qu’une autre puissance cachera ses projets, sera