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Tome II.
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PROJET

et à la diversité des climats , rend les uns toujoursnécessaires aux autres. Toutes ces causes réuniesforment de l’Europe, non-seulement, comme l’Asie ou l’Afrique , une idéale collection de peuples quin’ont de commun qu’un nom, mais une société réellequi a sa religion, scs mœurs, ses coutumes, et mêmeses lois, dont aucun des peuples qui la composentlie peut s’écarter sans causer aussitôt des troubles.

A voir, d’un autre côté , les dissensions perpé-tuelles, les brigandages, les usurpations, les révoltes,les guerres, les meurtres, qui désolent journellementce respectable séjour des sages, ce brillant asile dessciences et des arts ; à considérer nos beaux discourset nos procédés horribles, tant d’humanité dans lesmaximes et de cruauté dans les actions, une religionsi douce et une si sanguinaire intolérance, une po-litique si sage dans les livres et si dure dans la pra-tique*, des chefs si bienfaisants et des peuples simisérables, des gouvernements si modérés et desguerres si cruelles ; on sait à peine comment con-cilier ces étranges contrariétés, et cette fraternitéprétendue des peuples de l’Europe ne semble êtrequ’un nom de dérision pour exprimer avec ironieleur mutuelle animosité.

Cependant les choses ne font que suivre en celaleur cours naturel. Toute société sans lois ou sanschefs, toute union formée ou maintenue par le ha-sard , doit nécessairement dégénérer en querelle etdissension à la première circonstance qui vient àchanger. L’antique union des peuples de l’Europe a compliqué leurs intérêts et leurs droits de mille