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Tome II.
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DE PAIX PERPÉTUELLE.

Chacun voit que toute société se forme par les inté-rêts communs ; que toute division naît des intérêtsopposés ; que mille événements fortuits pouvantchanger et modifier les uns et les autres, dès qu’il ya société , il faut nécessairement une force coactivequi ordonne et concerte les mouvements de sesmembres, afin de donner aux communs intérêts etaux engagements réciproques la solidité qu’ils nesauroient avoir par eux-mêmes.

Ce scroit d’ailleurs une grande erreur d’espérerque cet état violent pût jamais changer parla seuleforce des choses et sans le secours de l’art. Le sys-tème de l’Europe a précisément le degré de soliditéqui peut la maintenir dans une agitation perpé-tuelle , sans la renverser tout-a fait*, et si nos mauxne peuvent augmenter, ils peuvent encore moinsfinir, parce que toute grande révolution est désor-mais impossible.

Pour donner à ceci l'évidence nécessaire, com-mençons par jeter un coup d’oeil général sur l’étatprésent de l’Europe . La situation des montagnes ,des mers et des lleuves , qui servent de bornes auxnations qui l'habitent, semble avoir décidé du nom-bre et de la grandeur de ces nations ; et l’on peutdire que Tordre politique de cette partie du mondeest, a certains égards, l’ouvrage de la nature.

En effet, ne pensons pas que cet équilibre si vantéait été établi par personne , et que personne ait rienfait à dessein de le conserver : on trouve qu’il existe;et ceux qui ne sentent pas en eux-mêmes assez depoids pour le rompre , couvrent leurs vues particu-