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Tome II.
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POLYSYNODIE.

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Cependant le plus absolu despotisme exige encoreun travail pour se soutenir : quelques maximes qu’ilétablisse à son avantage, il faut toujours qu’il lescouvre d’un leurre d’utilité publique ; qu’employantla force des peuples contre eux-mêmes, il les em-pêche de la réunir contre lui; qu’il étouffe conti-nuellement la voix de la nature, et le cri de la li-berté, toujours prêt à sortir de l’extrême oppression.Enfin, quand le peuple ne seroit qu’un vil troupeausans raison, encore faudroit-il des soins pour le con-duire; et le prince qui ne songe point à rendre heu-reux ses sujets n’oublie pas, au moins , s’il n’est in-sensé , de conserver son patrimoine.

Qu’a-t-il donc à faire pour concilier l’indolenceavec l’ambition, la puissance avec les plaisirs, etl’empire des dieux avec la vie animale ? Choisirpour soi les vains honneurs, l'oisiveté, et remettreà d’autres les fonctions pénibles du gouvernement,en se réservant tout au plus de chasser ou changerceux qui s’en acquittent trop mal ou trop bien. Parcette méthode , le dernier des hommes tiendra pai-siblement et commodément le sceptre de l’univers ;plongé dans d’insipides voluptés, il promènera , s’ilveut, de fête en fête son ignorance et son ennui. Ce-pendant on le traitera de conquérant, d’invincible,de roi des rois, d’empereur auguste, de monarquedu monde, et de majesté sacrée. Oublié sur le trône,nul aux yeux de ses voisins, et même à ceux de scssujets , encensé de tous sans être obéi de personne,foible instrument de la tyrannie des courtisans et del’esclavage du peuple , on lui dira qu’il règne , et il

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