avec son esprit clair et méthodique, ce que chacune de ces troisvilles présente de spécialement intéressant pour celui qui les vi-site. Ce voyage fut pour De Candolle une véritable expériencesur la manière de voyager utilement ; il devint pour lui un typequ’il suivit constamment plus tard ; et lorsque en 18-10, souf-frant déjà cruellement de la maladie qui l'a enlevé, il fut aucongrès scientifique de Turin où j’eus le bonheur de l’accom-pagner, je retrouvai chez lui ce même besoin de tout voir,d'interroger sur toute chose, de recueillir des renseignementsexacts, qui avait caractérisé déjà son premier voyage.
A son retour de Hollande, De Candolle reprit avec un zèlenouveau ses occupations scientifiques. Mais le voyage qu’il ve-nait de faire, en élargissant le cercle de ses idées, et en dirigeantson esprit sur des objets étrangers à la science pure, avait créépour lui de nouveaux besoins intellectuels. 11 sut y satisfairesans que iès*occupations qui étaient l’objet principal de sa vie,en souffrissent le moins du monde; et la vie sociale qu’il se créaà Paris est si intimement liée à sa vie scientifique, qu’on nepeut comprendre l’une qu’au moyen de l’autre. Essayons doncde faire connaître, avant d’entrer dans le détail de ses travaux,la manière dont il sut prendre dans la société de Paris la placehonorable qu’il y a constamment occupée.
La première et la plus intime de ses relations fut celle qu’ilforma avec la famille Delessert, avec celle famille qu’on re-trouve toujours, depuis plus d’un demi-siècle, mêlée à l’histoiredes hommes illustres, et à celle des grandes et bonnes chosesen science comme en philanthropie. C’est à la femme respecta-ble qui était à la tête de celte famille, que Rousseau adressaitses Lettres sur la botanique; c’est avec sa fille, non moins re-marquable par les qualités du cœur que par celles de l’esprit,que sir S. Romilly entretenait une correspondance pleine d’in-térêt sur les événements de la révolution française 1 ; ce sont ses
1 Cette correspondance a été récemment pub'ie’e dans les Mémoires(le sir S. Romilly, dont la Bibl. Univ. a rendu compte. Voyez cahier deniai 1810 (vol. XXVII), page 65.