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ILES DE L’AERIQUE.
thia dans le rocher deMazaghan, l’îlede Kernè dans celle qui avoisine lecap Cantin et à laquelle Livio Sanuto attribue le nom de Doqâlah, enfinFile Autolala ou Junonia ou du So-leil dans celle de Mogador .
Puis identifiant le promontoire So-loentia au cap Noun, et le promon-toire Arsinarium ou Surrentiuin aucap Bojador, on retrouve, immédia-tement après, la Corne du couchant,avec plusieurs îlots que les Grecs etles Latins, par confusion , appelèrentGorgades et îles des Gorgones ; enfinil semble que ce soit à l’entrée duRio do Ouro et dans les îlots voisinsqu’il faille reconnaître la Corne dumidi et l’île des Gorgades de Hannon .
Ce n’est donc point dans le périplequi nous est parvenu de l’amiral car-thaginois, que sont consignées lesnotions puniques sur les îles pélagien-nes de l’Océan occidental ; et si lesGorgades ont pris ultérieurementdans la géographie grecque une placeplus considérable; si d’un autre côtéle nom d’Atlantide était venu se con-finer, au temps de Pline , dans l’unedes petites îles de la côte que nous ve-nons d’explorer (probablement danscelle que Ptolémée appelle Autolala),on n’y saurait voir qu’un résultat deœtte incertitude et de ces capricieuxdéplacements qui caractérisent les tra-ditions géographiques de l’antiquité.
C’est ce dont nous allons nous con-yaincre en passant en revue les no-tions classiques sur les îles occidenta-Ç s ; toujours placées aux dernièreslimites d’une sphère qui s’agrandissaitsuccessivement à mesure que le pro-pos des lumières ajoutait quelques‘«es de plus à l’orbe du mondeconnu.
Les Hespérides.
Au temps où la Grèce poétique,p anant du haut de l’Olympe sur le
due terrestre, voyait à”f horizon les
de la Thrace , les derniersj l™ s de l’Asie Mineure, les côtesdp h c- V’ et les riva § es ultérieurstain! u 1 e se P er dre dans une loin-w me obscurité, au voisinage du circu-
laire Océan qui formait le limbe duplanisphère, les désignations absoluesd’Orient et d’Oecident avaient uneapplication bien différente de celleque nous leur donnons aujourd’hui.Il suffisait d’atteindre la plage où laPentapole cyrénéenne venait expirer de-vant les flots redoutables de la grandeSvrte, pour se trouver dans le do-maine des Hespérides ou enfants ducouchant, dont les bosquets embau-més, étalant les fruits dorés du citron-nier et de l’oranger, étaient justementvantés comme un jardin aux pommesd’or; et leur ville, baignée par le lacde Triton, portait elle-même le nomd’Hespéris, échangé plus tard contrecelui de Bérénice, que remplace main-tenant celui de Ben-Ghâzy.
Aux indications de la géographie,la fable était venue lier ses traditionsmythiques: ces Hespérides, qui pos-sédaient le délicieux jardin auxpommesd’or, elle en faisait des nymphes peunombreuses, rarement plus de trois,filles, comme les Gorgones et les Grées,de Phoreus et de Céto ; quelquefoiselle confondait entre elles ces triadesdiverses nées d’un même père et d’unemême mère, et c’est la gorgone Mé-duse qu’elle donnait pour reine auxpeuples riverains du lac Triton. D’au-tres circonstances encore rattachaientce mythe au sol de la Cyrénaïque ,car Cyrène était la patrie de Phoreus,et Pallas y était adorée sous le nomde Gorgone .
Mais, plus tard, c’est au fond de lapetite Syrte que nous retrouvons lelac Triton, avec le culte de Pallas, etl’origine du nom aussi bien que duredoutable ornement de son égide ; carc’est Végide ou vêtement de peau dechèvre des femmes libyennes que ladéesse avait adoptée; et des frangesde cuir, vues à travers le prisme del’imagination poétique des Grecs, s’é-taient transformées en serpents, ainsique nous le révèle naïvement Héro dote (*). La tête de Gorgone , attachéepar Homère et par Euripide au bou-
(*) ’Oux finies elai, ak\à îgâvTivoi.