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Iles de l'Afrique / par M. d'Avezac ; avec la collaboration de MM. de Froberville, Frédéric Lacroix, F. Hoefer, Mac Carthy, Victor Charlier ; Iles Madagascar, Bourbon et Maurice
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ILES DE LAERIQUE.

thia dans le rocher deMazaghan, lîlede Kernè dans celle qui avoisine lecap Cantin et à laquelle Livio Sanuto attribue le nom de Doqâlah, enfinFile Autolala ou Junonia ou du So-leil dans celle de Mogador .

Puis identifiant le promontoire So-loentia au cap Noun, et le promon-toire Arsinarium ou Surrentiuin aucap Bojador, on retrouve, immédia-tement après, la Corne du couchant,avec plusieurs îlots que les Grecs etles Latins, par confusion , appelèrentGorgades et îles des Gorgones ; enfinil semble que ce soit à lentrée duRio do Ouro et dans les îlots voisinsquil faille reconnaître la Corne dumidi et lîle des Gorgades de Hannon .

Ce nest donc point dans le périplequi nous est parvenu de lamiral car-thaginois, que sont consignées lesnotions puniques sur les îles pélagien-nes de lOcéan occidental ; et si lesGorgades ont pris ultérieurementdans la géographie grecque une placeplus considérable; si dun autre côtéle nom dAtlantide était venu se con-finer, au temps de Pline , dans lunedes petites îles de la côte que nous ve-nons dexplorer (probablement danscelle que Ptolémée appelle Autolala),on ny saurait voir quun résultat deœtte incertitude et de ces capricieuxdéplacements qui caractérisent les tra-ditions géographiques de lantiquité.

Cest ce dont nous allons nous con-yaincre en passant en revue les no-tions classiques sur les îles occidenta-Ç s ; toujours placées aux dernièreslimites dune sphère qui sagrandissaitsuccessivement à mesure que le pro-pos des lumières ajoutait quelques«es de plus à lorbe du mondeconnu.

Les Hespérides.

Au temps la Grèce poétique,p anant du haut de lOlympe sur le

due terrestre, voyait àf horizon les

de la Thrace , les derniersj l s de lAsie Mineure, les côtesdp h c- V et les riva § es ultérieurstain! u 1 e se P er dre dans une loin-w me obscurité, au voisinage du circu-

laire Océan qui formait le limbe duplanisphère, les désignations absoluesdOrient et dOecident avaient uneapplication bien différente de celleque nous leur donnons aujourdhui.Il suffisait datteindre la plage laPentapole cyrénéenne venait expirer de-vant les flots redoutables de la grandeSvrte, pour se trouver dans le do-maine des Hespérides ou enfants ducouchant, dont les bosquets embau-més, étalant les fruits dorés du citron-nier et de loranger, étaient justementvantés comme un jardin aux pommesdor; et leur ville, baignée par le lacde Triton, portait elle-même le nomdHespéris, échangé plus tard contrecelui de Bérénice, que remplace main-tenant celui de Ben-Ghâzy.

Aux indications de la géographie,la fable était venue lier ses traditionsmythiques: ces Hespérides, qui pos-sédaient le délicieux jardin auxpommesdor, elle en faisait des nymphes peunombreuses, rarement plus de trois,filles, comme les Gorgones et les Grées,de Phoreus et de Céto ; quelquefoiselle confondait entre elles ces triadesdiverses nées dun même père et dunemême mère, et cest la gorgone Mé-duse quelle donnait pour reine auxpeuples riverains du lac Triton. Dau-tres circonstances encore rattachaientce mythe au sol de la Cyrénaïque ,car Cyrène était la patrie de Phoreus,et Pallas y était adorée sous le nomde Gorgone .

Mais, plus tard, cest au fond de lapetite Syrte que nous retrouvons lelac Triton, avec le culte de Pallas, etlorigine du nom aussi bien que duredoutable ornement de son égide ; carcest Végide ou vêtement de peau dechèvre des femmes libyennes que ladéesse avait adoptée; et des frangesde cuir, vues à travers le prisme delimagination poétique des Grecs, sé-taient transformées en serpents, ainsique nous le révèle naïvement Héro­ dote (*). La tête de Gorgone , attachéepar Homère et par Euripide au bou-

(*)Oux finies elai, ak\à îgâvTivoi.

Hérodote , IV, 189.