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Les découvertes antérieures auxexplorations officielles.
Jusqu’ici, nous n’avons guère exposéque les notions vagues et incertainesrecueillies par une science naissante,imparfaite, qui se paye d’indices ha-sardés et de légendes fantastiques;mais comme ces formes vaporeusesqui se jouent de notre œil aux lueursindécises du crépuscule et s’effacentau grand jour, de même ces légendeset ces notions douteuses qui se jouentde notre intelligence à l’aurore desdécouvertes, disparaissent à mesureque la critique et l’exploration réellerépandent la lumière sur les régionsinconnues où elles avaient leur do-maine.
Mais aussi, avant la notoriété com-plète que le retentissement des grandesexpéditions officielles attache pour levulgaire à la découverte des terres etdes îles qui s’encadrent dans un vasteréseau de reconnaissances et d’explo-rations, l’homme d’étude voit poindreçà et là, au milieu du champ immensedes recherches futures, quelques jalonsplantés par de hardis aventuriers,éclaireurs isolés et sans nom, qui ontfrayé la voie aux découvreurs officielspour lesquels sont réservées la com-mune renommée et l’admiration de lapostérité. Presque toujours, d’ailleurs,le droit de découverte et même celuide première occupation, fruit d’entre-prises privées, a été considéré commenon avenu et complètement effacépar la prise de possession des gou-vernements ; et nous n’avions pas be-soin, pour constater cette vérité, d’entrouver un nouvel et récent exempledans la déclaration de souverainetéde l’Angleterre sur la Nouvelle-Zé lande , au mépris des droits des co-lons français qui s’y étaient antérieu-rement établis.
Pour ne nous point écarter de laspécialité de notre sujet, nous devonsici nous restreindre à l’histoire desnavigations de découverte dans l’Océanoccidental, aux abords de l’Afrique ;aussi notre dessein actuel est-il uni-quement de signaler les indications
certaines parvenues jusqu’à nous desdécouvertes accomplies en ces parages,avant que les grandes expéditions di- !rigées avec une si noble persévérancepar l’immortel prince Henri le Navi.gateur se fussent engagées dans lamême voie pour la suivre jusqu’au! ;rivages de l’Inde , et n’eussent plus jlaissé de place, dans l’histoire, aux :tentatives plus obscures qui les avaientprécédées (*).
(*) Les pages qui suivent n’offrent point !lé résultat hâtif d’une étude superficielle; 1c’est le fruit, au contraire, d’un examen !lent et consciencieux, d’une méditation ap-profondie et réitérée. ,
Elles ne sont point inspirées non pinspar un esprit de jalousie et de détraction il’égard d’un peuple dont nous aimons ancontraire à proclamer la gloire impérissable,et dont nous savons respecter les suscepti-bilités nationales dans le présent, commenous admirons ses prouesses dans le passé
Nous le déclarons hautement à l’avance,nous ne venons contester aucun des titrede la nation portugaise à une renomméejustement acquise dans la carrière des découvertes. Eh ! qui donc voudrait fermer les,yeux au spectacle du merveilleux dévelop ipement de cette puissance aux quinzième et Jseizième siècles? Qui fermera l’oreille aux --chants du grand poète qui en écrivit la nu-gnilique épopée? Loin de nous la penseed’amoindrir ce patrimoine de gloire dont lesfils des Lusiades ont si bien le droit d’être jfiers, et qu’ils conservent avec une pieuseferveur digne de respect dans son principe, ..d’indulgence dans ses écarts, et qui na .jamais cessé d’avoir toutes nos sympathies, j
Un noble prélat, distingué par son savoir, <vénérable par son âge, éminent par la pour-pre et la dignité patriarcale dont il ^revêtu, pourra, sous l’empire de cet ardentpatriotisme, trouver hardi, d’une. iéfréiinconsidérée, ou tranchant et magistiel,l’humble exposé de nos convictions ; b» 111ne nous en offenserons point, et notre re-pect pour les convictions contraires aux-quelles il obéit, n’en sera point altère.
Les grandes explorations portugaisesquinzième siècle, dans l’océan Allantique^eurent l’immense résultat d’ouvrir la ),fJIJdes Iudes par le cap de Eonne-Esperau^d’élever soudainement alors au p re ®rang des puissances européennes, une najusque-là sans importance, et d’assurei