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Iles de l'Afrique / par M. d'Avezac ; avec la collaboration de MM. de Froberville, Frédéric Lacroix, F. Hoefer, Mac Carthy, Victor Charlier ; Iles Madagascar, Bourbon et Maurice
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Les découvertes antérieures auxexplorations officielles.

Jusquici, nous navons guère exposéque les notions vagues et incertainesrecueillies par une science naissante,imparfaite, qui se paye dindices ha-sardés et de légendes fantastiques;mais comme ces formes vaporeusesqui se jouent de notre œil aux lueursindécises du crépuscule et seffacentau grand jour, de même ces légendeset ces notions douteuses qui se jouentde notre intelligence à laurore desdécouvertes, disparaissent à mesureque la critique et lexploration réellerépandent la lumière sur les régionsinconnues elles avaient leur do-maine.

Mais aussi, avant la notoriété com-plète que le retentissement des grandesexpéditions officielles attache pour levulgaire à la découverte des terres etdes îles qui sencadrent dans un vasteréseau de reconnaissances et dexplo-rations, lhomme détude voit poindreçà et, au milieu du champ immensedes recherches futures, quelques jalonsplantés par de hardis aventuriers,éclaireurs isolés et sans nom, qui ontfrayé la voie aux découvreurs officielspour lesquels sont réservées la com-mune renommée et ladmiration de lapostérité. Presque toujours, dailleurs,le droit de découverte et même celuide première occupation, fruit dentre-prises privées, a été considéré commenon avenu et complètement effacépar la prise de possession des gou-vernements ; et nous navions pas be-soin, pour constater cette vérité, dentrouver un nouvel et récent exempledans la déclaration de souverainetéde lAngleterre sur la Nouvelle-Zé­ lande , au mépris des droits des co-lons français qui sy étaient antérieu-rement établis.

Pour ne nous point écarter de laspécialité de notre sujet, nous devonsici nous restreindre à lhistoire desnavigations de découverte dans lOcéanoccidental, aux abords de lAfrique ;aussi notre dessein actuel est-il uni-quement de signaler les indications

certaines parvenues jusquà nous desdécouvertes accomplies en ces parages,avant que les grandes expéditions di- !rigées avec une si noble persévérancepar limmortel prince Henri le Navi.gateur se fussent engagées dans lamême voie pour la suivre jusquau! ;rivages de lInde , et neussent plus jlaissé de place, dans lhistoire, aux :tentatives plus obscures qui les avaientprécédées (*).

(*) Les pages qui suivent noffrent point ! résultat hâtif dune étude superficielle; 1cest le fruit, au contraire, dun examen !lent et consciencieux, dune méditation ap-profondie et réitérée. ,

Elles ne sont point inspirées non pinspar un esprit de jalousie et de détraction ilégard dun peuple dont nous aimons ancontraire à proclamer la gloire impérissable,et dont nous savons respecter les suscepti-bilités nationales dans le présent, commenous admirons ses prouesses dans le passé

Nous le déclarons hautement à lavance,nous ne venons contester aucun des titrede la nation portugaise à une renomméejustement acquise dans la carrière descouvertes. Eh ! qui donc voudrait fermer les,yeux au spectacle du merveilleux dévelop ipement de cette puissance aux quinzième et Jseizième siècles? Qui fermera loreille aux --chants du grand poète qui en écrivit la nu-gnilique épopée? Loin de nous la penseedamoindrir ce patrimoine de gloire dont lesfils des Lusiades ont si bien le droit dêtre jfiers, et quils conservent avec une pieuseferveur digne de respect dans son principe, ..dindulgence dans ses écarts, et qui na .jamais cessé davoir toutes nos sympathies, j

Un noble prélat, distingué par son savoir, <vénérable par son âge, éminent par la pour-pre et la dignité patriarcale dont il ^revêtu, pourra, sous lempire de cet ardentpatriotisme, trouver hardi, dune. iéfréiinconsidérée, ou tranchant et magistiel,lhumble exposé de nos convictions ; b» 111ne nous en offenserons point, et notre re-pect pour les convictions contraires aux-quelles il obéit, nen sera point altère.

Les grandes explorations portugaisesquinzième siècle, dans locéan Allantique^eurent limmense résultat douvrir la ),fJIJdes Iudes par le cap de Eonne-Esperau^délever soudainement alors au p re ®rang des puissances européennes, une najusque- sans importance, et dassurei