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L’UNIVERS.
toute leur science nautique se bornantà un cabotage toujours en vue deterre. Mais enfin la tempête s’apaisa ,et ils eurent la bonne fortune d’aper-cevoir une île, où iis vinrent atterrir,et qu’ils appelèrent Porto Santo ; illeur sembla qu’en leur offrant uneterre en ces lieux inespérés, Dieu laleur accordait non-seulement pour leursalut, mais aussi pour le bien et le pro-fit de leur pays, tant son aspect et saposition leur parurent favorables,outre l’avantage qu’elle avait de n’êtrepoint peuplée de sauvages comme l’é-taient alors les Canaries , dont ilsavaient déjà connaissance. Ils vinrentrendre compte de leur découverte auprince Henri, qui les renvoya pourcoloniser cette île nouvelle. Au boutde deux ans, ils poussèrent une explo-ration vers le nord-ouest, où ils aper-cevaient une tache noire à l’horizon :c’était une autre île, dont ils prirentpossession, et à laquelle, dit Barros,ils donnèrent le nom portugais de Ma-deira, ou bois de haute futaie, à causedes forêts épaisses dont elle était cou-verte.
Cependant l’infant ne perdait pointde vue le passage tant désiré du capBoyador ; et, (tendant douze annéesconsecutives, il envoya à grands fraisdes navires de ce côté, sans que ja-mais il s’en trouvât aucun qui osâttenter de doubler le cap. Le chroni-queur officiel de la conquête de Gui née , Gomes Eannes de Zurara , nousdonne, sur les efforts opiniâtres duprince, des détails précieux, dont nousne pouvons que résumer ici les traitsprincipaux. « Enfin, après douze ans,«dit Zurara , l'infant arma un navire« dont il donna le commandement à« Gil Eannes , son écuyer; mais ce-« lui-ci, frappé de la même crainte«que ses devanciers, n'arriva qu’aux« îles dé Canarie, d’où il ramena quel-« ques captifs. C’était en l’année 1433«de Jésus-Christ . L’année suivante,« l’infant arma de nouveau le même« navire, et faisant appeler Gil Eannes,« il lui donna pour mission spéciale« de doubler le cap, tenant pour suffi-«sant ce résultat seul du voyage.
« Aussi Gil Eannes prit-il la résolu-« tion de ne plus reparaître devantsm« prince sans avoir accompli sa tâche;
« et il tint parole, car cette fois, lira-« vaut tout danger, il passa le cap:
« l’action était, au fond, peu de choit'« en soi, mais elle fut réputée grande,
« tant il fallait de hardiesse pour sur-« monter les frayeurs invétérées qui« en avaient jusqu’alors empêché l’ac-« complissement.
« Gil Eannes fut, à son retour, g»
« pieusement accueilli, noblement et« richement récompensé. L’infant lit« alors armer un second bâtiment,
« dans lequel il envoya Alphonse Gon-« çalvez Baldaya, son échanson,ei« même temps qu’il renvoyait Gil«Eannes avec son navire, pour ails« de nouveau à la découverte; ce qu’ils|« exécutèrent en dépassant cette foi ;« le cap de cinquante lieues. »
L’infant chargea encore AlphonseGonçalvez Baldaya d’une nouvelles-pédition: « le même bâtiment fut pré-«paré; et, dans ce voyage, on alla«soixante et dix lieues au delà du« point où l’on s’était arrêté la précé-« dente fois , c’est-à-dire, jusqu’à cent« vingt lieues du cap, où l’on trouva« une embouchure comme celle d’un«grand fleuve, s’enfonçant de huil« lieues dans les terres. — Poursuivant« sa route jusqu’à cinquante lieues« plus loin encore, Alphonse Gonçal-« vez arriva à une pointe formée par« un- rocher qui, de loin, ressemblait« à une galère, ce qui a fait appela« désormais ce lieu le port de la Ga-« 1ère (o puerto da Galè)\ ce fut eut« l’année 1436 de Jésus-Christ . » j j
Cette embouchure de fleuve nestautre que le Rio do Ouro, ainsi nommeen divers endroits par Zurara , qui*dit cependant nulle part comment tenom a été donné. Mais Jean de. Bat;ros assure que cet estuaire fut ainsiappelé à cause du premier or en pou-dre que les Portugais y reçurent po“ [la rançon des prisonniers niant®qu’ils ramenèrent en cet endroit danla campagne de 1442.
Ainsi l’histoire des navigations®'treprises au long des côtes d’Alnî 1
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