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Une expédition génoise avait dèslongtemps précédé celle de Ferrer;Fogiietta, Giustiniano , dans leurs his-toires de Gênes , Usodimare dans unmanuscrit conservé aux archives roya-les de sa patrie, l’ont racontée avec desdétails divers, mais concordants, quise. complètent les uns les .autres; etune mention expresse en est faiteainsi par le savant docteur Pierred’Abano; celui-ci, mort en 1315 ou1316, disait ce voyage exécuté près detrente ans avant l’époque où il écri-vait; et Usodimare, dans une lettredatée du 12 décembre 1455, le rap-portait à cent soixante et dix ans enarrière de son propre voyage. Cettedouble indication nous reporte à l’an-née 1285, tandis que Giustiniano , etFogiietta après lui, énoncent l’année1291,et que, sur deux manuscrits oùse trouve consigné le récit d’Usodi-Mre, l’un porte 1281, et l’autre 1290;voilà un désaccord apparent qui n’arien de grave, et qui dépend unique-ment de la manière de lire le derniercaractère d’une date énoncée en chif-fres romains : nous lirons, nous,M-cc.uxxv.
«Eu cette année, Thedisio D’Oria«et Ugolin de Yivaldo avec (Guy) son«frère, et quelques autres, tentèrent" un voyage nouveau et inusité, celui« de Plmle par l’Occident ; ils armèrent«a leurs frais deux galères bien équi-pées, emmenèrent avec eux deux«moines franciscains., et se mirent«ainsi en route pour l'Inde .
« Ces deux galères naviguèrent beau-«eoup; mais quand elles furent en la«mer de Guinée , l’une d’elles se•trouva sur un bas - fond de manière•a ne pouvoir naviguer ni aller de“lavant; mais l’autre continua sa“marche et fit route par cette mer•josqu’à une ville d’Éthiopie , appelée•Mena, où ils furent pris et détenus“Par les gens de ladite ville, qui sont“tes chrétiens d’Éthiopie , soumis au“ retre-Jean ; la ville elle-même est«rT ‘\! ittoral , auprès du fleuve«aié’ f urent si ùien retenus,q aucun d’eux n’est jamais revenuces contrées. Voilà ce qu’a raconté
« le noble génois Antoniotto Usodi-« mare. »
Usodimare dit lui-même, dans lalettre qu’il écrivait de Lisbonne à sescréanciers, pendant les préparatifs del’expédition où il découvrit les îles ducap Vert , que, dans son précédentvoyage, il avait rencontré un hommede sa nation, rejeton de ceux qui mon-taient la galère de Vivaldo, perduecent soixante et dix ans auparavant;lequel affirmait que, sauf lui-même, ilne restait plus personne de leur race.
Ainsi les Français , les Catalans, lesMaures, les Génois, avaient, le long dela côte africaine, frayé la voie aux ex-plorations qui ont fait ensuite la gloiredu prince Henri. Les historiens por-tugais contemporains, moins exclusifsà cet égard que les critiques mo-dernes, laissent poindre quelques in-dices des navigations des autres peu-ples en ces mêmes parages : quandDiego Affonso, arrivé au cap Blanc en1446, y eut fait planter une grandecroix de bois: « Ce devait être, dit« Zurara , une grande surprise pour« quelqu’un d 'autre royaume qui d'a-« venture passât en vue de cette côte,« sans rien savoir des voyages de nos« navires en cette région, d’apercevoir« chez les Maures un pareil signal. »Aveu précieux, en ce qu’il constate àia fois que des étrangers visitaient cesmers, et qu’ils pouvaient ignorer en-core les prouesses maritimes des Lu-siades.
Les navigations portugaises dansi’Atlantique n’étaient d'abord en effetque les essais graduels d’un peuplenovice dans la pratique de la mer, etpréludant seulement aux glorieusesdestinées que lui réservaient, dans unavenir prochain, ses efforts soutenus,son audace croissante, et ses progrèsmerveilleux dans cette même carrière.Il en était encore aux cinglages jour-naliers d’un timide cabotage, quandses devanciers voguaient hardiment aularge pour se rendre en droiture à leurdestination. Un prince éclairé, le roiDenis le Libéral, avait préparé l’édu-cation nautique et la future émancipa-tion maritime du Portugal , en enga-
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