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L’UNIVERS.
porc, il en destine le prix de vente àl’acquittement d’une partie de sonfermage; c’est, à cet égard, une deses plus grandes ressources , attenduqu’il ne lui en coûte presque rien pournourrir l’animal.
Du reste les denrées sont à assezbas prix dans les villes; quelques dé-tails nous sont donnés à ce sujet parle docteur Bullar , auteur d'un Hiveraux Açores . Malgré les désavantagesde la saison , le prix courant, à Villa-Franea, en l’île Saint-Michel, se trou-vait établi ainsi qu’il suit: les poulets,60 centimes ; les canards, 1 fr. 86 c.;le pain, 20 cent, la livre; le jambon,40 cent, la livre; les oeufs, trois àquatre pour 10 cent.; le lait, 40 cent,la pinte (un peu plus d’un litre) ; lebeurre, 1 fr. 16 c. la livre; un pois-son de la grosseur d’une truite dedeux livres , 30 à 40 c. selon le mar-ché ; 20 c. la bouteille de vin commundu pays: ce vin est à peine potable;mais on peut faire venir du Payai,pour une bagatelle, du vin doux ouPassado.
Le mode de construction adoptéaux Açores pour les habitations est àpeu près semblable à celui du Portu gal . Extérieurement les villes et lesvillages semblent aussi régulièrementque proprement bâtis, et lorsqu’onles voit de la mer avec leurs égliseset leurs couvents, ils présentent gé-néralement un aspect vraiment pitto-resque; mais l’illusion se dissipe aus-sitôt que l’on y pénètre. De mêmeque dans presque toutes les villes duMidi, les rues en sont mal pavées,toujours sales, et très-étroites afin dese garantir autant que possible desardeurs du soleil. Les maisons sontprincipalement bâties en lave ; elles ontdeux et trois étages, et des murs ex-traordinairement épais dans le butd’opposer une plus grande résistanceaux secousses des tremblements deterre. Les étables, les magasins , lesboutiques, occupent invariablementle rez-de-chaussée; au-dessus sontles appartements des maîtres, qui,sous le climat chaud de l’archipel etpar cela même, sont infectés, d’un
bout de l’année'jusqu’à l’autre, sur-tout en été , des odeurs les plus nau-séabondes , des insectes les plus dé-goûtants. Toutes les maisons ont desvarandas ou balcons garnis de treil-lages, que les Portugais ont hérités desMaures , et dont le caractère orientalest moins altéré ici que dans la mèrepatrie.
Le défaut de comfort dans ces ha-bitations devait naturellement frapperles voyageurs anglais qui nous les ontdécrites.
Cependant les habitants des pointsles pins fréquentés par les Européensparaissent avoir apporté , depuis linevingtaine d’années, de grandes modi-fications dans leur manière de vivre.Déjà en 1820 l’américain Websterremarquait que l'usage des carreamde vitre et des chaises venait de s’in- ;troduire à Saint-Michel, que les mai- 1sons étaient plus propres, les meubles :moins massifs et plus élégants ; mais ion ne voyait encore, comme véhicules,que quelques grossiers cabriolets, etpartout on observait une préférence .marquée pour les choses brillantes et,bizarres. Des fresques quelquefois 1assez belles couvraient les murs des Iappartements dans les maisons les plus tmodernes , et l’on voyait certains in- Jdividus dépenser quelquefois plus de j10,000 francs pour décorer ainsi unepièce d’une grandeur ordinaire.
Mais les vieux usages prévalent en-core dans les basses classes. Les habi-tations du peuple ne sont que des ca-banes , construites en pierre ou enterre et couvertes en chaume; l’inte-rieur n’est guère divisé que par quel-ques nattes qui descendent du toit.La cuisine est souvent dans une ca-bane séparée, dont la porte seule offreune issue à la fumée. On y voit peu devases en fer, mais une poterie gros-sière de fabrication indigène. Les pay-sans mangent habituellement avecleurs doigts. Les lits sont le plus ordi-nairement faits de feuilles de mais,que l’on dessèche et que l’on pa sseensuite une à une sur les dents donpeigne.