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l’usage , les racontait à sa manière. La cour,intéressée à connaître avec détails et vérité, lesintrigues qui avaient placé Catherine sur letrône de son mari, voulut aussi en entendre lalecture.
L’impératrice ne tarda pas à en avoir connais,sance; elle donna ordre à ses agens à Paris,d’employer tous les moyens possibles pour fairedisparaître cet ouvrage; ils firent à l’auteur desoffres pécuniaires assez considérables, qui furentrefusées. Ne pouvant réussir , ils voulurent em-ployer l’autorité. On s’adressa à M. le duc^Aiguillon, alors ministre. M. de Sartines,lieutenant de police, fitvenirchezluiM.de Rul-hière ; il lui signifia qu’il avait ordre de lui de-mander son manuscrit; il chercha à l’intimiderpar la menace de la bastille. Mais celui-ci,qui avait résisté aux moyens de corruption, nefut pas intimidé par de pareilles menaces. Ilrépondit au lieutenant de police, qu’on pouvaitle mettre à la bastille, lui arracher même sonmanuscrit, mais que ce serait une peine inutile,parce qu’il le portait écrit dans sa mémoire.