c II )
nous aurons pour lecteurs et pour juges les plusgrands hommes qui se soient immortalisés parleur génie ; de nous figurer, en tenant la plume,que nous sommes en leur présence; de nousdemander; que dirait Platon, que dirait Tacite,s’ils entendaient lire cet ouvrage? J’avoue qu’aulien de me représenter ces grands hommes, enécrivant cette histoire pour vous seule, c’est envotre présence que je croyais l’écrire. Je snivaisainsi d’une manière moins sévère le véritableesprit de ce précepte. Mais puisque je me suisimposé pour règle, dans tonte cette relation, depeindre et de ne point juger, permettez-moi,madame, de vous développer ici mon opinion;générale sur les mœurs que j’ai peintes..
On ne courait sur lu terre aucune puissance'plus absolue que celle des souverains de Russiedans tout leur empire , leur volonté est l’uniqueloi; l’obéissance est la; seule morale- Ou verracependant ici leur misérable condition, et com-ment leur puissance, en passant toutes les bornes-proscrites aux hommes, s’est minée elle-mêmeet se trouve bien plus malheureusement bornéede toutes parts, puisqu’elle,est obligée d J obéiraux instrument qu’elle emploie , aux milices d