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joignant ainsi la surprise à la séduction, rendrela proclamation générale et unanime. Et certai-nement, de cette multitude qui inondait les rueset la place, à peine vingt personnes, mêmedans le palais, savaient précisément ce qu'onfaisait. Le peuple, les soldats, ne sachant passi l’empereur vivait ou non, et répétant dansleurs acclamations le mot boura qui n’est qu’untri de joie, sans aucun antre sens, croyaientproclamer le jeune grand-duc" empereur, etdonner simplement la régence à sa mère. Plu-sieurs des conjurés se pressant, dans les premiersmomens, d’avertir leurs amis, leur écrivirentcette fausse nouvelle. Ce tumulte en avait prisun air de joie ; aucune idée d’injustice ne trou-blait la satisfaction publique, et les amis s’em-brassaient en se félicitant.
Mais un manifeste qui se distribuait danstoute la ville , éclaircit bientôt le véritable des-sein; un manifeste imprimé, que le PiémontaisOdard gardait depuis plusieurs jours dans sa cham-bre, avec de mortelles terreurs; et cet homme,le lendemain, disait en paraissant respirer àson aise : „ Enfin, je ne crains plus dj.être roué.”Cet écrit annonçait : „ que l’impératrice Catherine