ET MODERNES. 69
Si 'a la renaissance des Arts on eût euà Rome autant d’attention à conserverks anciens monumens , qu’on en eut àsaisir leurs proportions , on verroit furpied une multitude d’édifices que Igno-rance & 1 intérêt ont annéantis. Quandla nouvelle Rome commença à naître ,f ancienne acheva de tomber, &; ce fut
Jean de.Latran. Cette Nef, comme celles de toutesles anciennes Basiliques, étoit formée par deux rangsde colonnes de différens marbres, qui soutenoientun mûr sur lequel posoit la charpente. Un Archi-tecte moins paflìonné que le Borromini pour les- in-ventions bisarres » auroit fait servir ces richesses àla nouvelle décoration qu’on lui demandoit. Le Bor-romini aima mieux les renfermer dans une épaiflemaçonnerie, & les dérober pour toujours à la vuedes Curieux. A la place des colonnes de marbre,on voie donc aujourd’hui des murailles ornées d’in-terminables pilastres qui s’élèvent jusqu’au plafond,& dont chaque couple est séparé par une arcade,ressource trop ordinaire des modernes. Cette Nefest riche, elle est majestueuse : cela. peut être vrai ;mais il n’est pas moins vrai, que l’on a sacrifié à desornemens, d’un goût presque gothique, un grand nom-bre de colonnes précieuses dont il étoit aisé- de tireravantage.
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