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les fatigues et les défaillances d’une atmosphère em-brasée; quand l’air manque aux poumons ou les bride,le lia/.-Beyrouth est désert. C’est sur les terrasses desmaisons de la ville que les habitants viennent attendrequelque souffle bienfaisant de la brise. De là, on voit lesoleil se coucher dans la mer au milieu d’une vapeurrougeâtre. Au moment où il disparaît, chacun des vais-seaux de guerre eu station dans le port tire un coupde canon, et tous les pavillons tombent subitement duliant des mâts. Dans les casernes résonnent les roule-ments de tambour qui terminent la [mère militaire, etqui s’interrompent par trois fois pour laisser pousseraux soldats réunis trois liouras à la gloire du sultan.Puis tout rentre dans le silence. Ce moment a une es-pèce de solennité. Toute cette population répanduesur les toits a l’air d’attendre quelque phénomène ex-traordinaire. On dirait que la nuit va rendre la vie etla respiration à tout ce pays énervé. Mais souventl’attente est vaine, et tout reste plongé dans une inertiesemblable à la mort.
On voit déjà à Beyrouth quelques-uns de ces chevauxarabes de grande race qui sont merveilleux d’intelli-gence et de beauté. C’est un véritable plaisir que de voirun de ces animaux superbes passer comme une appu-
is.