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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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BEYROUTH

voient entre eux et se défendent dans leurs aires, commeles Burgraves. Les villages payent des impôts annuelsau paclia ; mais, chaque année, la perception de cettedîme donne lieu à quelque révolte.

D'autre part, les pachas entretiennent des hordes desoldats indisciplinés qui représentent à peu près lesanciennes compagnies franches. Ces corps dAlbanais ouArnaautes sont composés dhommes sans foi ni loi, pleinsde tous les vices quengendrent l'indiscipline et loisi-veté , mais dune bravoure téméraire. Ils commettentsans cesse des crimes dans les pays ils séjournent etle plus souvent avec impunité. Ce sont ces soldats ter-ribles que le paclia tient en réserve pour soumettre lespays insurgés. Ils fondent sur un village comme une

tempête, et rétablissent la tra ., mais sur des

ruines. On fait de leur cruauté des récits qui fontfrémir. On nous a raconté dans un village du Liban quun Arnaaute, après avoir violé une femme sur lecadavre de son mari, avait voulu la forcer à renouvelerlépouvantable festin dAtrée , et a manger la chair deson enfant.

Sous linfluence de cette plaie qui le ronge, le paysse dépeuple, la terre reste inculte, le paysan décou-ragé quitte la pioche pour le sabre; les vices des vain-