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BEYROUTH
voient entre eux et se défendent dans leurs aires, commeles Burgraves. Les villages payent des impôts annuelsau paclia ; mais, chaque année, la perception de cettedîme donne lieu à quelque révolte.
D'autre part, les pachas entretiennent des hordes desoldats indisciplinés qui représentent à peu près lesanciennes compagnies franches. Ces corps d’Albanais ouArnaautes sont composés d’hommes sans foi ni loi, pleinsde tous les vices qu’engendrent l'indiscipline et l’oisi-veté , mais d’une bravoure téméraire. Ils commettentsans cesse des crimes dans les pays où ils séjournent etle plus souvent avec impunité. Ce sont ces soldats ter-ribles que le paclia tient en réserve pour soumettre lespays insurgés. Ils fondent sur un village comme une
tempête, et rétablissent la tra ., mais sur des
ruines. On fait de leur cruauté des récits qui fontfrémir. On nous a raconté dans un village du Liban qu’un Arnaaute, après avoir violé une femme sur lecadavre de son mari, avait voulu la forcer à renouvelerl’épouvantable festin d’Atrée , et a manger la chair deson enfant.
Sous l’influence de cette plaie qui le ronge, le paysse dépeuple, la terre reste inculte, le paysan décou-ragé quitte la pioche pour le sabre; les vices des vain-