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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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BAALBËK .

Six grandes colonnes, seuls vestiges d'un temple ma-gnilique, sélèvent au milieu des décombres, écrasantles autres monuments de leur stature gigantesque. Au-tour delles sont épars les tambours des colonnes ré-cemment tombées. On découvre encore sur le sol lesbases qui les ont portées.

Lorsque Robert Wood visita ces temples, le siècledernier, neuf colonnes étaient encore debout. Troissont tombées depuis, et il est bien a craindre que lenombre de celles qui restent ne diminue ainsi gra-duellement jusquà ce quil ne reste plus de ce grandédilice quun informe monceau de ruines.

Telles quelles sont, ces six colonnes isolées produi-sent un effet grandiose ; le soleil leur a donné uneteinte de rouille ; elles supportent encore leur entable-ment enrichi de sculptures élégantes, et, malgré leurtaille énorme, elles sélancent légèrement dans lair, etse dessinent vigoureusement sur le bleu pâle du ciel.

A gauche de ces colonnes, on voit le monument leplus complet de llaalbek, le temple de Jupiter-Ilélio-politain. Il est construit sur le modèle des temples ro-mains. Quarante-quatre colonnes corinthiennes (huit surla largeur, quatorze sur la longueur) soutenaient leportique qui lentourait. La façade orientale est ornée