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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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BAALBEK .

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il ne reste plus de traces des mutilations que la maindes hommes et lœuvre du temps ont exercées sur cesmonuments. Cette petite colline couverte de templessort resplendissante du sein de la nuit ; les rayons dela lune et le mouvement des ombres animent les co-lonnes et leur rendent tout léclat de leur jeunesse etde leur beauté. Tout se tait dans le pauvre village ; lespaysans sont rentrés dans leurs maisons, et le silencede la nuit nest interrompu que par le bêlement plain-tif des chèvres ou le hennissement des chevaux. Lespritdégagé de toute pensée étrangère peut oublier uninstant les misères delà moderne Baalbek , pour rêvertoutes les splendeurs dIIéliopolis.

Cest par une de ces nuits brillantes que nous quittâ-mes Baalbek ; nous en étions éloignés de plus dunedemi-lieue, que nous voyions encore le groupe desruines sélever au-dessus de la plaine. Sur le bord duchemin on rencontre un petit temple soutenu par descolonnes de granit rouge. A mesure que nous appro-chions du Liban , nous trouvions quelques champs deblé; les cailles chantaient gaîment dans les sillons; unefraîcheur délicieuse se répandait dans lair annonçantlapproche du matin, et nos chevaux marchaient allè-grement sur une route large et unie.