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LETTRE
» en silence (a) ce qu’on ne sauroit ni rejeter niil comprendre, et s’humilier devant le grand Être3» qui seul sait la vérité. Voilà le scepticisme invo-3> lontaire où je suis resté. »—« Mais le scepticisme,î» M. T. C. F., peut-il donc être involontaire, lors-3» qu’on refuse de se soumettre à la doctrine d’un3» livre qui ne sauroit être inventé par les hommes;3) lorsque ce livre porte des caractères de vérité si3» grands, si frappants, si parfaitement inimitables,3» que l’inventeur en seroit plus étonnant que le3* héros? C’est bien ici qu’on peut dire que l’ini-» quité a menti contre elle-même (2»). 3>
(a) Pour que les hommes s’imposent ce respect et ce silenceil faut que quelqu’un leur dise une fois les raisons d’en userainsi. Celui qui connoît ces raisons peut les dire ; mais ceuxqui censurent etn’endisentpoint, pourroient se taire. Parlerau public avec franchise , avec fermeté , est un droit communâ tous les hommes , et même un devoir en toute chose utile :mais il n’est guère permis è un particulier d’en censurerpubliquement un autre ; c’est s’attribuer une trop grandesupériorité de vertus, de talents, de lumières. Voilé pour-quoi je ne me suis jamais ingéré de critiquer ni réprimanderpersonne. J’ai dit à mon siècle des vérités dures , mais jen’en ai dit à aucun particulier ; et s’il m’est arrivé d'attaqueret nommer quelques livres , je n’ai jamais parlé des auteursvivants qu’avec toute sorte de bienséance et d’égards. Onvoit comment ils me les rendent. II me semble que tous cesmessieurs qui se mettent si fièrement en avant pour m’en-seigner l’humilité, trouvent la leçon meilleure à donner qu’àsuivre.
(b) Mandement, § XVJi.