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16 (1830) Lettre à M. de Beaumont / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRE

» en silence (a) ce quon ne sauroit ni rejeter niil comprendre, et shumilier devant le grand Être3» qui seul sait la vérité. Voilà le scepticisme invo-3> lontaire je suis resté. »« Mais le scepticisme,î» M. T. C. F., peut-il donc être involontaire, lors-3» quon refuse de se soumettre à la doctrine dun3» livre qui ne sauroit être inventé par les hommes;3) lorsque ce livre porte des caractères de vérité si3» grands, si frappants, si parfaitement inimitables,3» que linventeur en seroit plus étonnant que le3* héros? Cest bien ici quon peut dire que lini-» quité a menti contre elle-même (2»). 3>

(a) Pour que les hommes simposent ce respect et ce silenceil faut que quelquun leur dise une fois les raisons den userainsi. Celui qui connoît ces raisons peut les dire ; mais ceuxqui censurent etnendisentpoint, pourroient se taire. Parlerau public avec franchise , avec fermeté , est un droit communâ tous les hommes , et même un devoir en toute chose utile :mais il nest guère permis è un particulier den censurerpubliquement un autre ; cest sattribuer une trop grandesupériorité de vertus, de talents, de lumières. Voilé pour-quoi je ne me suis jamais ingéré de critiquer ni réprimanderpersonne. Jai dit à mon siècle des vérités dures , mais jenen ai dit à aucun particulier ; et sil mest arrivé d'attaqueret nommer quelques livres , je nai jamais parlé des auteursvivants quavec toute sorte de bienséance et dégards. Onvoit comment ils me les rendent. II me semble que tous cesmessieurs qui se mettent si fièrement en avant pour men-seigner lhumilité, trouvent la leçon meilleure à donner quàsuivre.

(b) Mandement, § XVJi.