154 LETTRE
tire d’affaire en tronquant le passage de Fauteur demauvaise foi.
Grâce au ciel, j’ai fini cette ennuyeuse tâche. J’aisuivi pied à pied vos raisons, vos citations, vos cen-sures , et j’ai fait voir qu’autant de fois que vousavez attaqué mon livre , autant de fois vous avez eutort. Il reste le seul article du gouvernement, dontje veux bien vous faire grâce, très-sûr que quandcelui qui gémit sur les misères du peuple , et quiles éprouve , est accusé par vous d'empoisonner lessources de la félicité publique, il n’y a point de lec-teur qui ne sente ce que vaut un pareil discours. Sile traité du Contrat social n’existoit pas, et qu’ilfallût prouver de nouveau les grandes vérités que j’ydéveloppe, les compliments que vous faites âmesdépens aux puissances seroient un des faits que jeciterois en preuve, et le sort de l’auteur en seroitun autre encore plus frappant. Il ne me reste plusrien à dire à cet égard ; mon seul exemple a toutdit, et la passion de l’intérêt particulier ne doit jpoint souiller les vérités utiles. C’est le décret contrema personne, c’est mon livre brûlé par le bourreau,que je transmets à la postérité potir pièces justifica-tives : mes sentiments sont moins bien établis parmes écrits que par mes malheurs.
Je viens, monseigneur, de discuter tout ce quevous alléguez contre mon livre. Je n’ai pas laisse
pour disputer avec les docteurs ; s’ils s’en servoienl avecnous autres profanes , i!s auroienl peur qu’on ne se moquâtd’eux.