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Tome I.
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PREMIER DIALOGUE.

tard, selon que le stimulant les poussera. Quandchacun aura dit ce quil avoit à dire, il restera tran-quille comme auparavant, sans saller fourrant dansle tripot littéraire, sans sentir cette ridicule déman-geaison de rabâcher et barbouiller éternellement dupapier, quon dit être attachée au métier dauteur ;et tel, peut-être avec du génie, ne sen douterapas lui-même et mourra sans être connu de personne,si nul objet ne vient animer son zélé au point de lecontraindre à se montrer.

Le Fr. Mon cher M. Rousseau, vous mavez bienlair dêtre un des habitants de ce monde- ! >

Rooss. Jen reconnois un du moins, sans le moin-dre doute, dans lauteur A'Émile et A'Héloïse.

Le Fr. Jai vu venir cette conclusion ; mais pourvous passer toutes ces fictions peu claires , il faudroitpremièrement pouvoir vous accorder avec vous-même : mais après avoir paru convaincu des abomi-nations de cet homme , vous voilà maintenant le pla-çant dans les astres parce quil a fait des romans.Pour moi je nentends rien à ces énigmes. De grâce,dites-moi donc une fois votre vrai sentiment sur soncompte.

Rouss. Je vous lai dit sans mystère, et je vous lerépéterai sans détour. La force de vos preuves neme laisse pas douter un moment des crimes quellesattestent, et-dessus je pense exactement commevous; mais vous unissez des choses que je sépare.Lauteur des livres et celui des crimes vous paroîtlamême personne ; je me crois fondé à en faire doux.Voilà^ monsieur, le mot de lénigme.