26
PREMIER DIALOGUE.
vices qu’on y porte ou qu’on y contracte, n’ayantnourri que les goûts crapuleux et bas qui en sontinséparables ; il fait ridiculement contraster scs in-clinations rampantes avec les altières productionsqu’il a l’audace de s’attribuer. En vain a-t-il parufeuilleter des livres et s’occuper de recherches phi-losophiques , il n’a rien saisi, rien conçu, que seshorribles systèmes ; et, après de prétendus essaisqui n’avoient pour but que d’en imposer au genrehumain, il a fini, comme il avoit commenc é, par nerien savoir que mal faire.
Eulin, sans vouloir suivre cette opposition danstoutes scs branches, et pour m’arrêter à celle quim'y a conduit, le premier, d’une timidité qui alloit.jusqu’à la bêtise, osoit à peine montrer à scs amisles productions de ses loisirs; le second, d’une im-pudence encore plus bête , s’approprioit fièrementet publiquement les productions d’autrui sur leschoses qu’il entendoit le moins. Le premier aimapassionnément la musique, en fit son occupationfavorite, et avec assez de succès pour y faire desdécouvertes , trouver les défauts, indiquer les cor-rections • il passa une grande partie de sa vie parmiles artistes et les amateurs, tantôt composant de lamusique dans tous les genres en diverses occasions,tantôt écrivant sur cet art, proposant des vues nou-velles , donnant des leçons de composition , consta-tant par des épreuves l’avantage des méthodes qu’ilproposoit, et toujours se montrant instruit danstoutes les parties de l’art plus que la plupart de sescontemporains, dont plusieurs éloient à la vérité