SECOND DIALOGUE.
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marques de ces messieurs. Et moi aussi , j’ai faitcelle-là ; mais je n’ai pas , comme eux , omis les au-tres ; et le tout m’a donné des résultats bien diffé-rents des leurs.
Par l'heureux effet de ma franchise , j’avois l’oc-casion la plus rare et la plus sûre de bien connoi-tre un homme , qui est de l’étudier à loisir dans savie privée , et vivant pour ainsi dire avec lui-même ;car il se livra sans réserve, et me rendit aussi maî-tre chez lui que chez moi.
Une fois admis dans sa retraite, mon premiersoin fut de m'informer des raisons qui l’y teuoientconfiné. Je savais qu'il avoit toujours fui le grandmonde et aimé la solitude , mais je savois aussi que,dans les sociétés peu nombreuses , il avoit jadis jouides douceurs de l'intimité en homme dont le cœurétoit fait pour elle. Je voulus apprendre pourquoimaintenant, détaché de tout, il s’étoit tellement con-centré dans sa retraite, que ce n’étoit plus que parforce qu’on parvenoit à l’aborder.
Le Fr. Cela n’étoit-il pas tout clair? Il se gênoitautrefois parce qu’on ne le connoissoit pas encore.Aujourd’hui que , bien connu de tous, il ne gagne-roit plus rien à se contraindre, il se livre tout-à-fait à son horrible misanthropie. Il fuit les hommesparce qu’il les déteste ; il vit en loup-garou parce-qu’il n’y a rien d’humain dans son cœur.
Ilouss. Non, cela ne inc paroit pas aussi clairqu’a vous ; et ce discours, que j’entends tenir àtout le monde , me prouve bien que les hommes lehaïssent, mais non pas que c’est lui qui les hait.
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