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AVIS DE L’ÉDITEUR.
cours. Du reste prions devons faire observer que levéritable titre de cette production est celui-ci : Jean- Jacques Rousseau , citoyen de Genève , à M. d’Alem-bert, de l’Académie françoise, sur son article Ge nève . C’est un discours polémique qu’il lui adresse,et non une lettre qu’il lui éci'it.
Ces réflexions s’appliquent à Y Essai sur l’originedes langues, classé tantôt parmi les écrits sur la musi-que , parce que l’auteur consacre quelques chapitresix cet art, tantôt parmi les mélanges. C’est un vérita-ble discours philosophique sur une question du plusgrand intérêt 5 et cette question est si bien traitée, sibien approfondie, qu’encore aujourd’hui, après denouvelles recherches , on reconnoît combien lesobservations de Jean-Jacques étoient fondées 5 et cequ’il y a de remarquable , c’est la confirmation desconjectures qu’il avoit faites.
La définition que Rousseau donne delà musique ,prouve qu’il n’auroit point classé son Essai sur l’ori-gine des langues, comme l’ont fait les précédents édi-teurs. 111’appelle la langue harmonieuse perfectionnée,ne la considérant dans son ouvrage que comme unmoyen de communiquer ses sentiments et ses idées.Dans celle qu’il a faite pour 1 q Devin du Village, il amis enharmonie parfaite les paroles et la musique.Les premières sont, pour ceux qui seroient étrangersou insensibles à la musique, la traduction des senti-ments que l’auteur exprime par le moyen de laseconde.
Le discours contre les lettres avoit passé pour êtreparadoxal : on l’attaqua ; Rousseau le défendit avec