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Tome III.
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LETTRE

ni force ni profondeur, volent tous de la toilette aucomptoir. Cest le moyen de récrire incessammentles mêmes , et de les rendre toujours nouveaux. Onmen citera deux ou trois qui serviront dexceptions;mais moi, jen citerai cent mille qui confirmeront larègle. Cest, pour cela que la plupart des productionsde notre âge passeront avec lui ; et la postéritécroira quon fit bien peu de livres dans ce mêmesiècle l'on en fait tant.

11 ne seroit pas difficile de montrer quau lieu degagner à ces usages, les femmes y perdent. On lesflatte sans les aimer ; on les sert sans les honorer :elles sont entourées dagréables , mais elles nontplus damants ; et le pis est que les premiers, sansavoir les sentiments des autres , nen usurpent pasmoins tous les droits. La société des deux sexes ,devenue trop commune et trop facile , a produit cesdeux effets, et cest ainsi que lesprit général de lagalanterie étouffe à la fois le génie et lamour.

Pour moi , jai peine à concevoir comment onrend assez peu dhonneur aux femmes pour leur oseradresser sans cesse ces fades propos galants , cescompliments insultants et moqueurs, auxquels onne daigne pas même donner un air de bonne foi :les outrager par ces évidents mensonges, nest-cepas leur déclarer assez netlement quon ne trouveaucune vérité obligeante à leur dire ? Que lamourse fasse illusion sur les qualités de ce quon aime,cela narrive que trop souvent ; mais est-il questiondamour dans tout ce maussade jargon? ceux mêmesqui sen servent ne sen servent-ils pas également