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Tome III.
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LETTRE

même ville, ne sont point des anachorètes, ils nesauroient vivre toujours seuls et séparés : quand ilsle pourroient, il ne faudroit par les y contraindre.Il ny a que le plus farouche despotisme qui salarmaà la vue de sept ou huit hommes assemblés, crai-gnant toujours que leurs entretiens ne roulent surleurs misères.

Or, de toutes les sortes de liaisons qui peuventrassembler les particuliers dans une ville comme lanôtre, les cercles forment, sans contredit, la plusraisonnable, la plus honnête, et la moins dange-reuse , parce quelle ne veut ni ne peut se cacher,quelle est publique , permise, et que lordre et larègle y régnent. Il est même facile a démontrer queles abus qui peuvent en résulter naitroient égalementde toutes les autres, ou quelles en produiroient deplus grands encore. Avant de songer à détruire unusage établi, on doit avoir bien pesé ceux qui sin-troduiront à sa place. Quiconque en pourra propo-ser un qui soit praticable et duquel ne résulte aucunabus , quil le propose, et quensuite les cercles soientabolis; à la bonne heure. En attendant, laissons,sil le faut, passer la nuit à boire à ceux qui, sanscela, la passeroient peut-être à faire pis.

Toute intempérance est vicieuse, et surtout cellequi nous ôte la plus noble de nos facultés. Lexcèsdu vin dégrade lhomme , aliène au moins sa raisonpour un temps , et labrutit à la longue. Mais enfinle goût du vin nest pas un crime ; il en fait rarementcommettre ; il rend l'homme stupide et non pas