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Tome III.
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LETTRE

car tout ce (fui est mal en morale est mal encore enpolitique. Mais le prédicateur sarrête au mal per-sonnel , le magistrat ne voit que les conséquencespubliques j lun na pour objet que la perfection delhomme lhomme natteint point; l'autre, quele bien de létat autant quil y peut atteindre : ainsitout ce quon a raison de blâmer en chaire ne doitpas être puni par les lois. Jamais peuple n'a péripar lexcès du vin, tous, périssent par le désordredes femmes. La raison de cette différence est claire:le premier de ces (leux vices détourne des autres,le second les engendre tous. La diversité des âgesy fait encore. Le vin tente moins la jeunesse et labatmoins aisément ; un sang ardent lui donne dautresdésirs ; dans làge des passions toutes senflammentau feu dune seule ; la raison saltère en naissant; etl'homme , encore indompté , devient indisciplinableavant que davoir porté le joug des lois. Mais quunsang à demi glacé cherche un secours qui le ranime,quune liqueur bienfaisante supplée aux esprits quilna plus (a) ; quand un vieillard abuse de ce douxremède, il a déjà rempli ses devoirs envers sa pa-trie, il ne la prive que du rebut de ses ans. lia tort,sans doute : il cesse avant la mort dêtre citoyen.Mais lautre ne commence pas même h lêtre : il se

(a) Platon , clans ses Lois * * , permet aux seuls vieillardslusage du vin ; et même il leur en permet quelquefoislexcès.

* Livre il (tome Vin , page 86 , édition de 0cux~Ponts).