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LETTRE
car tout ce (fui est mal en morale est mal encore enpolitique. Mais le prédicateur s’arrête au mal per-sonnel , le magistrat ne voit que les conséquencespubliques j l’un n’a pour objet que la perfection del’homme où l’homme n’atteint point; l'autre, quele bien de l’état autant qu’il y peut atteindre : ainsitout ce qu’on a raison de blâmer en chaire ne doitpas être puni par les lois. Jamais peuple n'a péripar l’excès du vin, tous, périssent par le désordredes femmes. La raison de cette différence est claire:le premier de ces (leux vices détourne des autres,le second les engendre tous. La diversité des âgesy fait encore. Le vin tente moins la jeunesse et l’abatmoins aisément ; un sang ardent lui donne d’autresdésirs ; dans l’àge des passions toutes s’enflammentau feu d’une seule ; la raison s’altère en naissant; etl'homme , encore indompté , devient indisciplinableavant que d’avoir porté le joug des lois. Mais qu’unsang à demi glacé cherche un secours qui le ranime,qu’une liqueur bienfaisante supplée aux esprits qu’iln’a plus (a) ; quand un vieillard abuse de ce douxremède, il a déjà rempli ses devoirs envers sa pa-trie, il ne la prive que du rebut de ses ans. lia tort,sans doute : il cesse avant la mort d’être citoyen.Mais l’autre ne commence pas même h l’être : il se