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Tome III.
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LETTRE

vous, Génevois, évitez de le devenir, sil est tempsencore ; craignez le premier pas, quon ne fait ja-mais seul, et songez quil est plus aisé de garder debonnes mœurs que de mettre un terme aux. mau-vaises.

Deux ans seulement de comédie , et tout est bou- |leversé. Lon ne sauroit se partager entre tant da- jmusements : lheure des spectacles étant celle des cer-cles les fera dissoudre, il sen détachera trop demembres ; ceux qui resteront seront trop peu assidus 1pour être dune grande ressource les uns aux autres,et laisser subsister long-temps les associations. Lesdeux sexes réunisjournellementdans un même lieu;les parties qui se lieront pour sy rendre les maniè-res de vivre quon y verra dépeintes et quon sem-pressera dimiter ; lexposition des dames et demoi-selles parées tout de leur mieux et mises en étalagedans desloges comme sur le devant dune boutique , ien attendant les acheteurs; laffluence de la belle jeu- !nesse , qui viendra de son côté soffrir en montre, ettrouvera bien plus beau de faire des entrechats authéâtre que lexercice à Plain-Palais ; les petits sou-pers de 'femmes qui sarrangeront en sortant, ne .fut-ce quavec les actrices ; enfin le mépris des an- |ciens usages qui résultera de ladoption des non- Iveaux ; tout cela substituera bientôt lagréable vie de |Paris et les bons airs de France à notre anciennesimplicité ; et je doute un peu que des Parisiens àGenève y conservent long-temps le goût de notregouvernement.

Il ne faut point le dissimuler, les intentions sont