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Tome III.
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LETTRE

les distingue delles , cest que la nature leur enayant refusé les grâces, ils y substituent des ridicu-les. À mon dernier voyage h Genève , jai déjà vuplusieurs de ces jeunes demoiselles en justaucorps ,les dents blanches, la main potelée, la voix flûtée,un joli parasol vert a la main, contrefaire assez mal-adroitement les hommes.

On étoit plus grossier de mon temps. Les enfants,rustiquement élevés, navoient point de teint a con-server, et ne craignoicnt point les injures de l'air,auxquelles ils sétoient aguerris de bonne heure. Lespères les menoient avec eux a la chasse, en campa-gne , a tous leurs exercices, dans toutes les sociétés.Timides et modestes devant les gens âgés , ils étoienthardis , fiers, querelleurs entre eux ; ils navoientpointde frisure a conserver ; ils se défioient a lalutte, à la course, aux coups ; ils se battoient à bonescient, sc blessoicnt quelquefois , et pais sembras-soient en pleurant. Us revenoient au logis suant,essoufflés, déchirés : cétoient de vrais polissons ; maisces polissons ont fait des hommes qui ont dans lecœur du zèle pour servir la patrie et du sang â ver-ser pour clic. Plaise a Dieu quon en puisse dire au-tant un jour de nos beaux petits messieurs requin-qués, et que ccs hommes de quinze ans ne soient pasdes enfants a trente ! Heureusement ils ne sont pointtous ainsi. Le plus grand nombre encore a gardécotte antique rudesse, conservatrice de la bonneconstitution ainsi que des bonnes mœurs. Ceuxmemes quune éducation trop délicate amollit pourun temps seront contraints, étant grands, de se plier