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Tome III.
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A M. DALEMBERT.

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gage j et quand on s'aperçoit de Verreur, quil esttard pour en revenir ! Que d'hommes bien nés, sé-duits par ces apparences, damants tendres et géné-reux quils étoient dabord, sont devenus par degrésde vils corrupteurs , sans mœurs, sans respect pourla foi conjugale, sans égards pour les droits de laconfiance et de lamitié ! Heureux qui sait se recon-noître au bord du précipice et sempêcher cly tom-ber! Èst-ce au milieu dune course rapide quon doitespérer de sarrêter ? est-ce en sattendrissant tousles jours quon apprend à surmonter la tendresse ?On triomphe aisément d'un foible penchant ; maiscelui qui connut le véritable amour et la su vaincre,ah ! pardonnons à ce mortel, sil existe , doser pré-tendre h la vertu !

Ainsi, de quelque manière quon envisage les cho-ses, la meme vérité nous frappe toujours. Tout ceque les pièces de théâtre peuvent avoir dutile à ceuxpour qui elles ont été faites nous deviendra preju-'diciable , jusquau goût que nous croirons avoir ac-quis par elles, et qui ne sera quun faux goût, sanstact, sans délicatesse, substitué mal à propos parminous à la solidité de la raison. Le goût tient à plu-sieurs choses : les recherches d'imitation quon voitau théâtre, les comparaisons quon a lieu dy faire ,les réflexions sur l'art de plaire aux spectateurs,peuvent le faire germer, mais non suffire à son dé-veloppement. Il faut de grandes villes, il faut desbeaux-arts et du luxe , il faut un commerce intimeentre les citoyens, il faut une étroite dépendance