A M. D’ALEMBERT.
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mêmes. Si l’on demande quelque exemple de cesdivertissements publics , en voici un rapporté parPlutarque (* *). Il y avoit, dit-il, toujours trois dan-ses en autant de bandes, selon la différence des âges;et ces danses se faisoicntau chant de chaque bande.Celle des vieillards commençoit la première , enchantant le couplet suivant :
Nous avons été jadisJeunes, vaillants et liardis.
Suivoit celle des hommes, qui chantoicntà leur touren frappant de leurs armes en cadence ••
Nous le sommes maintenantA l’épreuve à tout venant.
Ensuite venoient les enfants , qui leur répondoienten chantant de toute leur force :
Et nous bientôt le serons,
Qui tous vous surpasserons.
Voilà, monsieur, les spectacles qu’il faut à desrépubliques. Quanta celui dont votre article Genève m’a forcé de traiter dans cet essai, si jamais l’intérêtparticulier vient à bout de l’établir dans nos murs jj’en prévois les tristes effets ; j’en ai montré quel-
dont je fus si touché seroil sans attrait pour milld autres ; ilfaut des yeux faits pour le voir , et un cœur fait pour lesentir. Non, il n’y a de pure joie que la joie publique , et lesvrais sentiments de la nature ne régnent que sur le peuple.Ah l dignité , fille de l’orgueil et mère de l’ennui , jamaistes tristes esclaves eurent-ils un pareil moment en leur vie ?
(*) Dicts notables des Lacédémoniens , § 69.
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