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LETTRE
nous que les sentiments naturels : la douleur faitplus périr de ministres déplacés que d’amantsmalheureux.
Voilà, monsieur, si j’avois à plaider la cause desfemmes, ce que j’oserois dire en leur faveur ; je lesdéfendrois moins sur ce qu’elles sont que sur cequ’elles pourroient être. Je ne les louerois point ensoutenant avec vous que la pudeur leur est naturelle:ce seroit prétendre que la nature ne leurn donné nibesoins, ni passions ; la réflexion peut réprimer lesdésirs, mais le premier mouvement, qui est celui dela nature, porte toujours à s’y livrer. Je me borneraidonc à convenir que la société et les lois ont rendu [la pudeur nécessaire aux femmes ; et si je fais jamaisun livre sur le pouvoir de l’éducation, cette pudeuren sera le premier chapitre. Mais en paroissantmoins prévenu que vous pour la modestie de leursexe, je serai plus favorable à leur conservation ; et [malgré la bonne opinion que vous avez de la bra- !voure d'un régiment de femmes, je ne croirai pas jque le principal moyen de les rendre utiles soit deles destiner à recruter nos troupes. ]
Mais je m’aperçois, monsieur , et je crains bien ide m'en apercevoir trop tard, que le plaisir de m’en-tretenir avec vous, l'apologie des femmes, et peut- ;être cet intérêt secret qui nous séduit toujours pourelles, m'ont entraîné trop loin et trop long-temps Jhors de mon sujet. En voilà donc assez, et peut-être trop, sur la partie de votre lettre qui concerneles spectacles en eux-mêmes, et les dangers de touteespèce dont vous les rendez responsables. Rien ne