Band 
Tome III.
Seite
254
JPEG-Download
 

254

LETTRE

ne nuira point à celui de vous entendre ; et vousaurez long-temps la douleur de voir le Devin duvillage détruire tout le bien que yos écrits contre lacomédie auroient pu nous faire.

il me reste à vous dire un mot sur les deux autresarticles de votre lettre , et en premier lieu sur lesraisons que vous apportez contre rétablissement dunthéâtre de comédie à Genève . Cette partie de votreouvrage , je dois l'avouer, est celle qui a trouvé àParis le moins de contradicteurs. Très-indulgentsenvers nous-mêmes, nous regardons les spectaclescomme un aliment nécessaire à notre frivolité ; maisnous décidons volontiers que Genève ne doit pointen avoir j pourvu que nos riches oisifs aillent tousles jours, pendant trois heures, se soulager au théâ-tre du poids du temps qui les accable, peu leurimporte quon samuse ailleurs 5 parce que Dieu ,pour me servir d'une de vos plus heureuses expres-sions, les a doués dune douceur très-méritoireà supporter l'ennui des autres. Mais je doute que lesGenevois , qui sintéressent un peu plus (jue nous àce qui les regarde, applaudissent de même à votresévérité. Cest daprès un désir qui ma paru presquegénéral dans vos concitoyens, que jai proposé lé-tablissement dun théâtre dans leur ville , et jaipeine à croire quils se livrent avec autant de plaisiraux amusements que vous y substituez. O11 massuremême que plusieurs de ces amusements, quoiquonsimple projet, alarment déjà vos graves ministres ;quils se récrient surtout contre les danses que vousvoulez mettre à la place de la comédie, et quil leur