260
LETTRE
que vous me le paraissez. Ne prenez point cette in-vitation pour un trait de satire contre vos ministres jeux-mêmes ne doivent pas s’en offenser ; en matièrede profession de foi, il est permis à un catholiquede se montrer difficile, sans que des chrétiens d’unecommunion contraire puissent légitimement en êtreblessés. L’Église romaine a un langage consacré surla divinité du Verbe , et nous oblige a regarder im-pitoyablement comme ariens tous ceux qui n’em-ploient pas ce langage. Vos pasteurs diront qu’ils nereconnoisscnt pas l’Église romaine pour leur juge,mais ils souffriront apparemment que je la regardecomme le mien. Par cet accommodement nous se-rons réconciliés les uns avec les autres, et j’auraidit vrai sans les-offenscr. Ce qui m’étonne,, monsieur,c’est que des hommes qui se donnent pour zélésdéfenseurs des vérités de la religion catholique, quivoient souvent l’impiété et le scandale où il n’y ena pas même l’apparence, qui se piquent sur cesmatières d’entendre finesse et de n’entendre pointraison, et qui ont lu cette profession de foi de Ge nève , en aient été aussi satisfaits que vous, jusqu’àse croire même obligés d’en faire l’éloge. Mais ils’agissoit de rendre tout à la fois ma probité et mareligion suspectes ; tout leur a été bon dans ce des-sein , et ce n’étoitpas aux ministres de Genève qu’ilsvouloient nuire. Quoi qu’il en soit, je ne sais si lesecclésiastiques genevois que vous avez voulu justifiersur leur croyance, seront beaucoup plus contentsde vous qu’ils l’ont été de moi. et si votre mollesseà les défendre leur plaira plus que ma franchise.