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APOLOGIE
Le duel est un usage barbare ; mais, l’usage établi,l'honneur de don Diègue mortellement offensé, iln’étoit pas plus permis au Cid de pardonner l’insultefaite à son père, que de lui enfoncer lui-même lepoignard dans le sein. C’est donc un acte de vertu,et le devoir le plus sacré de la nature , qui est re-commandé dans cette tragédie, l’une des plusmorales et des plus intéressantes qui aient paru suraucun théâtre du monde.
a Si les chefs-d’œuvre de ces auteurs ( Corneille » et Molière ) étoient encore à paroître, ils tombe-» roient infailliblement aujourd’hui, dit M. Rous-» seau ; et si le public les admire encore , c’est plus» par honte de s’en dédire, que par un vrai sen-» timent de leurs beautés. »
M. Rousseau a-t-il pu croire, a-t-il voulu nouspersuader que nous faisons semblant de rire, depleurer, de frémir à ces spectacles? Et le public ,pour savoir s’il s’amuse ou s’il est ému, sera-t-ilobligé de demander, comme ce jeune étranger à sonmentor : Mon gouverneur, ai-jq bien du plaisir?M. Rousseau mérite qu’on lui réponde plus sérieu-sement ; mais faut-il aussi nous réduire à prouverque Cinna, Polyeucte , le Misanthrope, le Tar tufe , etc., nous intéressent et nous enchantent?Quand même l’impression en seroit affoiblie , com-bien de causes peuvent y contribuer, qui n’ont riende commun avec les mœurs ? L’assertion est laconi-que ; la discussion ne le seroit pas.
S’il est vrai que sur nos théâtres la meilleurepièce de Sophocle tomberoit tout à plat, ce n’est