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Tome IV.
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SUR LORIGINE DES LANGUES. 255

tendra qu'il crie , on ne distinguera pas un mot.Hérodote lisoit son histoire aux peuples de la Grèce assemblés en plein air, et tout retentissoit dap-plaudissements. Aujourdhui, l'académicien qui litun mémoire, un jour dassemblée publique, est àpeine entendu au bout de la salle. Si les charla-tans des places abondent moins en France quenItalie , ce nest pas qu'en France ils soient moinsécoutés, cest seulement quon ne les entend passi bien. M. dAlcmbert croit quon pourroit débiterle récitatif françois à litalienne ; il faudroit donc ledébiter à l'oreille, autrement on n'entendroit riendu tout. Or, je dis que toute langue avec laquelleon ne peut pas se faire entendre au peuple assem-blé est une langue servile; il est impossible quunpeuple demeure libre et quil parle cette langue-.

Je finirai ces réflexions superficielles, mais quipeuvent en faire naître de plus profondes, par lepassage qui me les a suggérées.

Ce seroit la matière d'un examen assez philoso-phique , que d'observer dans le fait, et de montrerpar des exemples } combien le caractère , les mœurset les intérêts dun peuple influent sur la langue (a).

(a) Remarques sur la Grammaire générale et raisonnée, parM. Duclos, page 2.

FIN DU x TOME IY.