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LETTRES
clcs que sur la mission ; et que, parmi tant de so-lides preuves, celle-là ne feroit que rendre plusdifficiles sur toutes les autres les gens éclairés etvrais? Oui, je le soutiendrai toujours, l’appui qu’onveut donner à la croyance en est le plus grand obs-tacle : ôtez les miracles de l’Évangile, et toute laterre est aux pieds de Jésus-Christ (a).
Vous voyez, monsieur, qu’il est attesté par l’É-criture même que dans la mission de Jésus-Christles miracles 11e sont point un signe tellement néces-saire à la foi qu’on n’en puisse avoir sans les admet-tre. Accordons que d’autres passages présentent unsens contraire à ceux-ci, ceux-ci réciproquementprésentent un sens contraire aux autres ; et alors jechoisis, usant de mon droit, celui de ces sens quime paroît le plus raisonnable et le plus clair. Sij’avois l’orgueil de vouloir tout expliquer, je pour-rois, en vrai théologien, tordre et tirer chaquepassage à mon sens ; mais la bonne foi ne me per-met point ces interprétations sophistiques : suf-fisamment autorisé dans mon sentiment (£>) parce
(a) Paul, prêchant aux Athéniens , fut écouté fort paisible-ment jusqu’à ce qu’il leur parlât d’un homme ressuscité. Alorsles uns se mirent à rire; les autres lui dirent, « Cela suffit,» nous entendrons le reste une autre fois. » Je ne sais pas Lieuce que pensent au fond de leurs coeurs ces bons chrétiens à lamode ; mais s’ils croient à Jésus par ses miracles, moi j’y croismalgré ses miracles, et j’ai dans l’esprit que ma foi vautmieuxque la leur.
(b) Ce sentiment ne m’est, point tellement particulier, qu’ilne soit aussi celui de plusieurs théologiens dont l’orthodoxie