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LETTRES
guérisons , c'est qu’elles sont surprenantes , maisnon pas qu’elles sont impossibles : comment prou-verez-vous donc que ce sont des miracles ? Il y apourtant, je l’avoue, des choses qui m’étonneroientfort si j’en étois le témoin : ce ne seroit pas tant devoir marcher un boiteux , qu’un homme qui n’a-voit point de jambes ; ni de voir un paralytiquemouvoir son bras , qu’un homme qui n’en a qu’unreprendre les deux. Cela me frapperoit encore plus,je l’avoue , que de voir ressusciter un mort, carenfin un mort peut n’être pas mort (u). Voyez le livrede M. Bruiner (* *).
(a) « Lazare étoit déjà dans la terre. » Seroit-il le premierhomme qu’on auroit enterré vivant? « Il y étoit depuis quatrejours. » Qui les a comptés? Ce n’est pas Jésus, qui étoit ab-sent. « Il puoit déjà. » Qu’en savez-vous? Sa sœur le dit : voilàtoute la preuve. L’effroi, le dégoût en eût fait dire autant àtoute autre femme, quand même cela n’eût pas été vrai. « Jésus» ne fait que l’appeler, et il sort. » Prenez garde de mal rai-sonner. Il s’agissoit de l’impossibilité physique ; elle n’y estplus. Jésus faisoit bien plus de façons dans d’autres cas qui n’é-toient pas plus difficiles : voyez la note qui suit. Pourquoi cettedifférence, si tout étoit également miraculeux? Ceci peut êtreune exagération, et ce n’est pas la plus forte que Saint Jeanait faite ; j’en atteste le dernier verset de son Evangile. *
(*) Brubier-d’Ablaincourt, médecin célèbre, mort en 1756,auteur de plusieurs ouvrages , est principalement connu parcelui qui a pour titre, Dissertation sui' Vincertitude des signesde la mort et l’abus des enterrements précipités. Il a étéréimprimé plusieurs fois et traduit en plusieurs langues.
* Voici ce verset : « Sunt autem et alia multa quæ fecit» Jésus; quæ si scribantur per singula, nec ipsum arbitror» nmndum capere possc eos, qui scribondi sunt, libros. >»