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17 (1830) Lettres de la montagne / de J.J. Rousseau ; mises dans un nouvel ordre avec des notes historiques, et des éclaircissements; par V.D. Musset-Pathay
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LETTRES

Pour être coupable dun crime , on ne lest pasde tous. La justice consiste à mesurer exactementla peine à la faute ; et lextrême justice elle-mêmeest une injure , lorsquelle na nul égard aux con-sidérations raisonnables qui doivent tempérer la ri-gueur de la loi.

Le délit supposé réel, il nous reste à chercherquelle est sa nature , et quelle procédure est pres-crite en pareil cas par vos lois.

Si jai violé mon serment de bourgeois , commeon men accuse , jai commis un crime détat, etla connoissance de ce crime appartient directementau Conseil ; cela est incontestable.

Mais si tout mon crime consiste en erreur surla doctrine , cette erreur fût-elle même une im-piété , cest autre chose. Selon vos édits , il appar-tient à un autre tribunal den connoître en premierressort.

Et quand même mon crime seroit un crime détat,si, pour le déclarer tel , il faut préalablement unedécision sur la doctrine , ce nest pas au Conseil dela donner. Cest bien à lui de punir le crime , maisnon pas de le constater. Cela est formel par vos édits,comme nous verrons ci-après.

Il sagit dabord de savoir si jai violé mon sermentde bourgeois , cest-à-dire le serment quont prêtémes ancêtres quand ils ont été admis à la bourgeoi-sie ; car pour moi, nayant pas habité la ville , etnayant fait aucune fonction de citoyen , je nen aipoint prêté le serment. Mais passons.

Dans la formule de ce serment, il ny a que