ÉCRITES DE LA MONTAGNE. 57
propres maximes, elle eût dû, si je l’avois faite ,me faire trouver grâce devant eux (page 23).
Après l’exposition de mes crimes, écoutez lesraisons pour lesquelles on a si cruellement ren-chéri sur la rigueur de la loi dans la poursuite ducriminel.
« Ces deux livres paroissent sous le nom d’un ci-» toyen de Genève . L’Europe en témoigne son scan-» dale. Le premier parlement d’un royaume voisin)» poursuit Émile et son auteur. Que fera le gouvcr-» nement de Genève ? »
Arrêtons un moment. Je crois apercevoir ici quel-que mensonge.
Selon notre auteur, le scandale de l’Europe forçale Conseil de Genève de sévir contre le livre et l’au-teur d 'Emile , à l’exemple du parlement de Paris :mais, au contraire, ce furent les décrets de cesdeux tribunaux qui causèrent le scandale de l’Eu rope . Il y avoit peu de jours que le livre étoit pu-blic à Paris , lorsque le parlement le condamna (a) \il ne paroissoit encore en nul autre pays , pas mêmeen Hollande où il étoit imprimé $ et il n’y eut, entrele décret du parlement de Paris et celui du Conseilde Genève que neuf jours d’intervalle (é) $ le tempsa peu près qu’il falloit pour avoir avis de ce qui sepassoit à Paris . Le vacarme affreux qui fut fait enSuisse sur cette affaire, mon expulsion de chez mon
(a) C’étoit un arrangement pris avant que le livre parût.
(b) Le décret du parlement fut donné le 9 juin , et celui duConseil le 19.